Des portraits à croquer à Kernilien

Malo et Noémie encadrent la photographe Alexandra Serrano - Illustration Des portraits à croquer à Kernilien
Malo et Noémie encadrent la photographe Alexandra Serrano
A Kernilien, la classe de Terminale STAV a pratiqué la photographie avec l’artiste parisienne Alexandra Serrano.

Les élèves engagés dans les établissements agricoles ne le savent pas toujours, mais ils sont des privilégiés. En effet, dans les filières « classiques », on ne profite pas de l’éducation socioculturelle (ESC). Au lycée de Kernilien, à Plouisy, par exemple, cet hiver, les jeunes de terminale Sciences et technologies de l’agronomie et du vivant (STAV) ont bénéficié d’ateliers d’initiation à la photographie grâce au Centre d’art GwinZegal de Guingamp. « Ce partenaire local est une chance pour nous, souligne l’enseignante Brigitte Guéguen. D’une part, GwinZegal est un acteur local qui apporte des compétences et du matériel dans nos murs et d’autre part, sa proximité permet d’organiser régulièrement des sorties pour amener les élèves à voir des expositions.»
A chaque fois, l’équipe de spécialistes sélectionne dans son réseau des artistes intéressants, mais surtout suffisamment pédagogues pour accrocher les jeunes et transmettre. « Ce genre de partenariat n’a que des avantages pour le lycée », appuie la professeur.

Apprendre à mettre en scène

Cette fois-ci, c’est Alexandra Serrano, une photographe parisienne, qui a posé ses valises à Kernilien. « Mon travail personnel se concentre sur la mise en scène de nature morte. Pour produire mes images, j’élabore le décor, je place des accessoires, j’utilise des végétaux… J’ai un travail presque plus plastique que photographique. »

En résonnance avec le programme des élèves qui s’intéressent aux pratiques sociales et culturelles de l’alimentation, les enseignants ont au préalable cherché à relier le sujet à des œuvres littéraires et artistiques. La jeune photographe a poursuivie en travaillant « pour la première fois » sur le thème de l’alimentation. « Lors de la première rencontre, j’ai expliqué ma démarche : comment je construis des allégories visuelles pour faire passer un message. Puis, nous avons analysé ensemble des clichés d’artistes ayant travaillé sur la nourriture. » Ensuite, tout le monde a réfléchi aux pistes à explorer autour du sujet : le rapport de l’enfant à son alimentation, le gaspillage, la transformation alimentaire, la recherche d’aliments parfaits, le dégoût… Avant de se lancer dans un travail de portraits décalés.

Elèves enthousiastes

« Après avoir reçu les bases de la photographie, nous nous sommes lancés. Dans une filière comme la nôtre où la nature est omniprésente, il était intéressant de relier le corps humain à la notion de nature morte. Nous avions toute la liberté de tenter des choses originales, de créer des mises en scène minutieuses comme en collant des lentilles représentant des racines sur une personne », raconte Solenn, une élève. « Ou d’aborder le gaspillage en immortalisant une poubelle renversée remplie de pain… » Ensuite, après les ateliers, les images produites par les élèves sont exposées dans l’établissement. Une bonne manière de voir si leurs messages visuels passent.


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