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Synergie entre bovins et cultures de vente

Bertrand Paumier pratique le travail du sol simplifié depuis plus de 20 ans. Garder des bovins sur son exploitation axée vers les cultures de vente est fondamental à ses yeux, notamment pour valoriser les bandes enherbées et couverts.

Bertrand Paumier fait partie de ces pionniers, ces expérimentateurs, qu’on regarde curieusement au départ, mais à qui le temps donne raison. Observateur curieux et attentif de ses parcelles situées à Maure-de-Bretagne (35), il travaille sur l’agriculture de conservation depuis une vingtaine d’années. « J’ai eu des échecs, mais le bilan est très satisfaisant sur le plan économique et environnemental. » Président de la Cuma de son secteur pendant 25 ans, le producteur a privilégié les coûts de mécanisation dans son approche. « J’ai aussi longtemps participé à une groupe Ceta cultures où nous travaillions l’économie d’intrants », précise l’agriculteur qui gère aujourd’hui 135 ha dont 110 ha de cultures de vente (blé, maïs, colza, orge, pois) et 25 ha d’herbe et autres espaces.

Le déclic a été une panne de charrue

Les TCS (techniques culturales simplifiées) ont débuté par hasard sur l’exploitation, suite à une panne de charrue de la Cuma. « J’ai été contraint de finir mes parcelles au cultivateur, avant blé. Voyant que cela s’était bien passé et que cela me permettait de gagner du temps et de réduire les charges, j’ai recommencé la technique avec réussite. Pour simplifier encore, un combiné est venu s’ajouter à l’arrière du cultivateur : prototype créé en lien avec le constructeur Devrand. » Dans sa démarche, le producteur essayait d’aller le plus longtemps possible sans labour et observait les rendements, les coûts… Aujourd’hui, tout le maïs est semé en strip-till et le blé et colza en semis direct (avec un Easy Drill de Sky Agriculture). Un déchaumeur peut être utilisé pour enfouir légèrement le fumier de volaille et le lisier.

70 bovins et 135 ha de SAU

Installé en 1979, Bertrand Paumier a décidé d’arrêter le lait en 2008. « Mais j’ai toujours souhaité conserver des bovins. Ils pâturent les bandes enherbées et les ¾ des couverts végétaux et apportent de la fumure organique. » Le troupeau allaitant est basé sur 25 mères blondes d’Aquitaine et la suite auxquelles s’ajoutent des animaux de différentes races et croisés (vente de femelles et bœufs). Aujourd’hui, une dizaine d’animaux par an sont vendus en direct sous la marque « Le bœuf de Tréfleur ». Entre blé et maïs, un couvert contenant 6 – 7 espèces est implanté (coût de semence de 50 – 60 €/ha) : tournesol, vesce, avoine, trèfle, radis, graminées… « Il est parfois récolté en foin ou ensilage. »

Les bovins pâturent également les repousses de colza avant l’implantation du blé. « Faire pâturer les couverts permet par ailleurs de réduire l’utilisation de glyphosate. J’en utilise surtout pour les vivaces et les prairies, à petite dose de 1,5 L/ha en moyenne, et pas sur l’ensemble de la parcelle. » Le blé est implanté dans les repousses de colza. Ainsi, les limaces les mangent en priorité. « Le troupeau bovin permet aussi de saisir des opportunités de fourrages. Par exemple, il m’est arrivé de réaliser de l’enrubannage en juin avec une culture de blé envahie de ray-grass résistant. Une fois les graines enlevées, il n’y a plus de problème. » Le seul aliment acheté sur l’exploitation est le complément des veaux.

Le champ de comparaison, depuis 2001
Bertrand Paumier est co-président de Base, réseau d’échange comptant 1 200 adhérents en France et pays limitrophes qui mettent en œuvre l’agriculture de conservation. Sur son exploitation, il a mis en place un champ de comparaison de 4 ha qui permet l’observation depuis 2001 du labour, des TCS et du semis direct (SD). « Sur le carburant, le gagnant est le SD avec une consommation de 8 à 10 L/ha, contre 15 – 20 L/passage en simplifié et 40 L en labour. Par ailleurs, on compte respectivement plus de 3 t de vers de terre/ha en SD, 3 t en simplifié et 800 kg en labour. Et moins le sol est travaillé, meilleurs sont les résultats sur les fuites d’azote et l’érosion », souligne l’agriculteur qui reçoit des groupes de différentes nationalités sur son exploitation.

Agenda : Le 23 janvier, Wolfgang Sturny, agronome suisse, viendra à Maure-de-Bretagne donner des résultats sur l’agriculture de conservation dans son pays (Contact : 02 99 42 08 06). L’assemblée générale de Base aura lieu le 15 février, au lycée agricole de la Peyrouse à Périgueux (Dordogne) avec des interventions techniques sur les abeilles, sur les pratiques en Suisse, aux USA… Et un grand rassemblement est également prévu début septembre dans les Côtes d’Armor. Les 20 ans de Base y seront fêtés.

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