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Le mélange pois/orge a offert davantage de protéines à l’hectare

D’abord testé pour réduire le désherbage, le mélange pois / orge de printemps a aussi permis de meilleurs rendements qu’un pois seul. La récolte a été facilitée par le rôle tuteur de l’orge.

« Le désherbage sur le pois est assez coûteux et ne fonctionne pas bien. En l’associant avec de l’orge de printemps, nous souhaitions pouvoir mieux gérer les adventices tout en assurant la production de protéines car cette culture sert à l’alimentation des porcs en Faf », souligne Vincent Grégoire, installé avec sa femme Céline et un salarié à La Chapelle-des-Fougeretz (35). La SARL Plessipor compte 136 truies (naisseur-engraisseur) en Label rouge (Bleu Blanc Cœur). « Nous avons aussi observé l’impact de l’association pois – orge sur les maladies et ravageurs », précise l’éleveur qui fait partie d’un groupe Écophyto 30 000 animé par le Ceta 35.

Un seul désherbage

Quatre modalités de mélange ont été testées dans l’essai mené en partenariat avec le bassin versant de la Flume. « Le semis a été réalisé en février. Globalement, même si les attaques de pigeon ont été importantes au départ, la culture s’est rattrapée. La propreté était correcte, nous n’avons fait qu’un désherbage post-levée sur les mélanges, alors que nous avons réalisé du pré et post levée en pois pur », évoque l’agriculteur. « Aucun traitement insecticide ou fongicide n’a été fait, sur la culture pure non plus. L’année n’était pas favorable aux maladies. » Le mélange a aussi eu l’effet tuteur escompté contre la verse du pois. Cela a facilité la moisson réalisée le 24 juillet.

Démonstration de triage

Mercredi 9 octobre, une démonstration de triage (par la société Blandin service distribution basée à Bain-de-Bretagne) était organisée sur l’exploitation. Cette entreprise dispose de 3 trieurs à grilles. Pour ce type de prestation, le coût est d’environ 100 €/t. À l’issue du tri des différentes modalités récoltées, un bilan a pu être réalisé en tenant compte de la part de pois et d’orge dans la récolte.

« Le mélange composé de 79 grains/m² de pois (100 % de la dose de pois de printemps pure) et 89 g/m² d’orge (30 % de la dose d’orge de printemps pure) nous a permis de produire près de 15 q/ha supplémentaires par rapport au pois pur. Ce gain de rendement s’explique par la production de 17 q/ha d’orge supplémentaires alors que nous n’avons perdu que 2 q/ha de pois », a chiffré Quentin Levieux, animateur cultures au Ceta 35. Le bilan en termes de production de protéines est donc positif : + 136 kg/ha de matière azotée totale (en utilisant les valeurs de références suivantes : 211 g/kg de MAT pour le pois et 105 g/kg pour l’orge).

Mélange sur près de 6 ha l’année prochaine

L’an prochain, l’éleveur remplacera l’ensemble de sa sole de pois de printemps (5,8 ha) par un mélange de 80 grains/m² de pois et 90 grains/m² d’orge. Le semis pourrait être réalisé par l’ETA avec un semoir à plusieurs trémies pour avoir deux profondeurs. Vincent Grégoire ne pense pas trier la récolte qui sera utilisée directement dans la Faf. Entre le précédent maïs grain et le mélange pois/orge, un couvert de moutarde pourrait être semé en même temps que le broyage des cannes.

De la luzerne en contrat avec Déshyouest
Les 73 ha de SAU accueillent du blé (21 ha), du triticale (10 ha), de l’orge d’hiver (6 ha), du maïs grain (20 ha) et du pois protéagineux (6 ha) : des cultures qui servent pour la Faf. De la luzerne est cultivée sur 8 ha en contrat avec Déshyouest : « Elle permet l’épandage du lisier de porc avec moins de travail que le colza que nous avions auparavant. Elle apporte aussi de l’azote dans le sol et pourrait jouer un rôle contre le chardon. » Le tonnage récolté est de 16 t MS/an. Les producteurs ont aussi un verger bio de 1 ha et font de la vente directe depuis deux ans.
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