Cultures

Raisonner le déclenchement de la protection des cultures

Quand les ravageurs s’attaquent aux cultures, les prédateurs naturels sont aussi présents. C’est pourquoi le déclenchement de la protection insecticide doit être raisonné.

La situation connue sur les cultures de céréales en 2011 illustre le choix difficile d’intervenir chimiquement contre les pucerons : de fortes infestations, avec des populations importantes avec 1 épi sur 2 colonisé par au moins un puceron, déclenche le seuil d’intervention. Sauf qu’en parallèle, de nombreuses larves de coccinelle, bien réparties, s’apprêtaient à jouer leur rôle de prédation sur le ravageur… Le choix d’intervenir est alors remis en question.

Pour estimer au plus juste ce seuil d’intervention en prenant en compte ces populations d’auxiliaires, la Chambre d’agriculture a mené un essai en 2015 sur 23 parcelles en région Bretagne. « La pression des ravageurs était plus faible qu’en 2011, mais nous avons observé les coccinelles, les syrphes, les chrysopes. Dès que les pucerons s’attaquent à une parcelle, les auxiliaires sont déjà là », explique Sylvie Guiet, chargée d’étude à la Chambre régionale d’agriculture. Les pucerons momifiés et mycosés font aussi l’objet de toutes les attentions, ces derniers étant parasités par d’autres insectes ou par des champignons. La période de fin avril à début mai connaît une colonisation des blés, suivie par une régulation en fin mai/début juin.

Une régulation naturelle

« À la mi-juin, nous avons constaté un départ des pucerons des parcelles ». Concernant les pucerons momifiés, les relevés montrent une évolution régulière à la hausse durant toute la saison. « À partir de 5 pucerons momifiés observés, le taux d’accroissement de ce ravageur est négatif. À 4 % de pucerons momifiés, le pourcentage de chance de réduction de la population est de 30 % », chiffre la conseillère. Mieux, si ces taux de momification sont de 11 %, la réduction atteint 58 %, et elle sera de 83 % si 15 % des pucerons sont momifiés. « Ces résultats sont encore à valider, notamment en année de forte pression parasitaire », prévient Sylvie Guiet.

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