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Les céréales en appât pour taupins et autres ravageurs

Si l’appât révèle son efficacité, la densité de semis et le stade de destruction de la céréale restent à affiner pour limiter la concurrence avec le maïs.

À l’EARL Leray, à Laillé (35), la récupération d’une parcelle implantée de longue date en prairie présentait un risque fort face aux taupins. « Sans solution chimique, il nous faut maintenant trouver des alternatives », présente Stéphane Leray. Il a décidé de tester l’efficacité de céréales en appât sur une petite surface.

Une orge plus attractive que le blé

Attaque de taupin sur appât de blé.

Autour d’une bande témoin, du blé et de l’orge ont donc été semés à la volée, à raison de 120 à 140 kg/ha, la veille du semis de maïs. Le semis du maïs en combiné le 24 avril a permis de disperser les graines de céréales sur une profondeur de 10 cm. Le désherbage est intervenu au stade 4-5 feuilles du maïs selon l’objectif de l’éleveur désirant maintenir un seul désherbage. Le traitement Temsa (0,5 L/ha), Samson (0,6 L/ha) et Conquérant (150 g/ha) a bien fonctionné sur le reste de la parcelle et s’est révélé efficace sur les dicotylédones. Pour le blé et l’orge de la plate-forme d’essai, la vitesse d’action du produit est longue et d’autant plus longue en absence de pluie. Dix jours plus tard, les céréales sont toujours présentes, même si leur sénescence commence à se voir. « Une pluie après le désherbage aurait permis au traitement d’agir plus vite et aurait limité la concurrence », relève le Aurélien Duval, technicien à Eureden.

Le maïs était au stade 7 feuilles au 28 mai, que ce soit dans la bande témoin ou sur l’essai blé. Par contre, le développement rapide et plus couvrant de l’orge a légèrement pénalisé le maïs : on y observe une feuille de moins. L’effet appât semble pourtant mieux fonctionner sur orge, avec plus de ravageurs recensés. D’autres essais sur les communes de Saint-Senoux et Pléchâtel (35) viennent confirmer ces résultats positifs contre les ravageurs.

Stéphane Leray, agriculteur à Lailé (35), et Aurélien Duval, technicien à Eureden.

Vite en situation de concurrence

« Cet essai est néanmoins concluant », approuve Stéphane Leray. Avant de rajouter : « Mais avec le cumul chaleur et manque de pluviométrie, en terre séchante, il prouve aussi les limites de la technique. Si on avait eu de l’eau, on n’aurait rien vu. Mais il ne faut pas beaucoup de pieds de blé sur le rang pour que cela concurrence le maïs ».

L’idéal serait de tester le semis de céréales dans l’interrang de maïs… Car la concurrence est aussi accentuée par l’effet du semis en combiné qui a tendance à concentrer les graines de céréales sur les rangs de maïs. « Il serait aussi intéressant de vérifier l’effet d’un semis en ligne, qui permettrait une meilleure maîtrise de la quantité et de la répartition des céréales », ajoute Aurélien Duval.

Pour les prochains essais, il faudra donc diminuer la densité de blé à semer et la date d’intervention pour le désherber, peut-être 8 jours plus tôt quand le maïs atteindra 3 feuilles.

Il n’y a pas que le taupin …
« On a chiffré une perte de 5 000-10 000 pieds/ha. Dans quelques jours, ce chiffrage sera affiné. Mais, dans les bandes avec appât, on observe aussi des larves de hannetons sur les céréales, de la mouche géomyza sur blé, en nombre bien plus important que dans la bande témoin. Dans un autre essai voisin, il y avait aussi des tipules », précise Aurélien Duval. Le taupin n’est donc pas responsable de tous les maux… Et les céréales comme appât semblent fonctionner aussi sur d’autres ravageurs.

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