Cultures

Quand utiliser un conservateur d’ensilage ?

Pour les ensilages de maïs, l’ajout d’additifs ne se justifie que dans de rares cas, comme une récolte à surmaturité ou quand la plante est desséchée.

Il importe tout d’abord de bien distinguer les différentes classes d’additifs pour l’ensilage, et notamment ceux utilisés pour le maïs fourrage. Ces différents additifs n’ont pas le même mode d’action et les mêmes rôles. On distingue essentiellement deux rôles : l’accélération de l’acidification naturelle et l’amélioration de la stabilité aérobie. Ces deux rôles ont bien évidemment des effets sur la préservation de la matière organique et donc la valeur alimentaire du fourrage ainsi que son appétence. Aujour-d’hui, les additifs d’ensilages biologiques à base de bactéries lactiques sont les plus utilisés.

Dans quelle situation utiliser un additif pour l’ensilage ?

Le maïs fourrage est une plante dont les caractéristiques biochimiques le rendent particulièrement apte à la conservation par ensilage. L’ajout d’additifs pour l’ensilage dans le but de favoriser la vitesse et le niveau d’acidification durant les premières phases du processus ne se justifie que dans de très rares situations. Leur emploi se justifie lors d’une récolte à surmaturité et/ou lorsque la plante est desséchée. L’ajout de bactéries lactiques peut se justifier dans cette situation. Leur action peut être renforcée par l’ajout d’enzymes dont le rôle est d’hydrolyser les fibres les plus facilement digestibles et ainsi renforcer la quantité de substrat des fermentations lactiques. L’ajout de conservateurs dits « chimiques » peut aussi être envisagé.

Pour permettre le déroulement des fermentations lactiques, il est nécessaire d’observer une période d’au moins 3 semaines avant ouverture du silo. Cependant, lors de déficit fourrager, certains éleveurs sont parfois contraints d’entamer rapidement le silo, voire de le consommer immédiatement après la récolte. Dans ces situations, la confection d’un petit silo annexe, correspondant aux besoins fourragers de 3 semaines demeure préférable. Ceci permet aux silos principaux de fermenter convenablement afin d’assurer une meilleure stabilité aérobie du fourrage à l’ouverture. Pour le silo annexe, l’incorporation d’un additif d’ensilage acide ou de bactéries lactiques homofermentaires pour accélérer l’acidification du fourrage est envisageable. De leur côté, les bactéries lactiques hétérofermentaires et les enzymes ont des vitesses de multiplication et d’action trop faibles pour assurer un effet positif notable sur le fourrage en 3 semaines. Pour ces raisons, leur utilisation lors d’ouverture précoce du silo n’est pas conseillée.

Lutter contre l’échauffement

Bien souvent, le principal problème rencontré par les éleveurs est l’instabilité du fourrage au front d’attaque. Cette instabilité se manifeste par des échauffements qui révèlent des pertes de matière organique et de valeur énergétique et entraînent une baisse d’appétence. Plusieurs causes en sont à l’origine et/ou aggravent le phénomène : porosité du silo élevée, vitesse d’avancement insuffisante et température extérieure élevée. L’ajout de bactéries lactiques hétérofermentaires, dont les produits de fermentation (acide acétique, 1,2-propanediol) ont des effets antifongiques, améliore la stabilité aérobie du fourrage. Au regard de la vitesse d’action de ces microorganismes, il est important d’assurer une durée de fermentation minimale de 2 à 3 mois afin de bénéficier pleinement de l’effet « anti-échauffement ». Quant au sel, son incorporation a pour seul effet de limiter la multiplication des bactéries butyriques dans des zones de condensation à la surface des silos.

Anthony Uijttewaal, Arvalis-institut du végétal

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