Élevage

Vérifier le lavage de son installation de traite

Lors des diagnostics sur les installations de traite, l’ATPmétrie mesure le nombre de germes dans l’eau ou sur les manchons. D’autres éléments sont mesurés, comme la température de l’eau de lavage ou le volume utilisé.

Un cycle de lavage de la salle de traite mal réglé peut créer un biofilm dans les lactoducs et relarguer de la matière, augmentant alors significativement le nombre de germes dans le lait. Une pollution invisible, insidieuse, qui se manifeste brusquement dans des élevages où l’hygiène est pourtant maîtrisée. « Ce biofilm peut être très fin, créer des pics inexpliqués de germes. Les tubes en pente, ou encore des quantités insuffisantes d’eau de lavage, qui ne circulent pas sur la partie haute du tube sont des sources potentielles de création de dépôt », explique Yvon Henry, responsable technique sur la région Bretagne pour le Crocit. Certifié pour vérifier la conformité des machines de traite, lors d’une nouvelle installation ou d’une rénovation, le technicien est capable de mesurer les éléments vivants présents dans les tuyauteries, les manchons ou sur d’autres parois.

Le mélange air/eau créé une turbulence, qui nettoie mécaniquement.
Le mélange air/eau créé une turbulence, qui nettoie mécaniquement.

Contrôler l’ATPmétrie

Le diagnostic flore totale, dédié à mesurer le nombre de germes, se réalise par ATPmétrie. Des échantillons sont prélevés dans différents endroits de l’installation, 2 types d’écouvillons sont alors utilisés. « Le premier sert à mesurer la qualité de l’eau utilisée pour le nettoyage de la salle de traite », explique le technicien, écouvillon à la main. Sur un équipement qu’il contrôle à Saint-Jean-de-la-Poterie (56), il introduit cet échantillon préalablement trempé dans l’eau servant au lavage dans un petit tube, puis l’insère dans un appareil de lecture. Sur cette exploitation, l’eau du réseau est conforme, avec un résultat de 19 RLU (Relative light unit). Le second test est effectué en frottant l’intérieur des manchons de la salle de traite, pour déceler l’éventuelle présence de germes. Là aussi, les résultats sont conformes, pas de risque de contaminations croisées en branchant les vaches pendant la traite.

Concernant le volume d’eau utilisé pour le nettoyage de la salle de traite, le technicien vérifie si tous les postes sont alimentés de la même manière, avec 4 postes de contrôle. « Certaines installations sont équipées de 2 départs d’eau, soit 1 par quai. Il peut y avoir une mauvaise répartition de l’eau, dont l’origine peut par exemple être un poste bouché. Il n’y a pas de méthode pour mesurer la turbulence de l’eau, elle se vérifie seulement en posant sa main sur le lactoduc pour apprécier la circulation du liquide ». Pendant la phase de lavage, le mélange air/eau doit être bien proportionné pour un bon effet chasse, rendu possible par un mélange turbulent. En cas de mauvaise turbulence, il est conseillé d’ajouter un injecteur d’air, notamment pour les canalisations de diamètre important.

Yvon Henry procède à la prise d’échantillon dans un manchon, à l’aide d’un écouvillon.
Yvon Henry procède à la prise d’échantillon dans un manchon, à l’aide d’un écouvillon.

Vérifier la température de l’eau

La température au sortir du chauffe-eau est mesurée par sonde. « La température doit être assez élevée au départ des canalisations pour rester au- dessus des 40 °C en sortie de lavage. Trop froide, l’eau favorise les dépôts ». Cette température est également importante pour le lavage, car une valeur supérieure à 75 °C fera évaporer la solution de lavage alcaline. « Il faudra alors utiliser un produit non chloré ». Dans la même idée, le prélavage ne doit pas se faire à l’eau froide, car elle fera baisser la température des canalisations, l’eau de lavage se refroidira alors beaucoup plus rapidement.

Une eau de qualité et en quantité

L’eau utilisée pour le lavage est une source potentielle de contaminations. « Le réseau peut être contaminé et expliquer des problèmes de germes. Dans une analyse d’eau, il faut être vigilant face aux pseudomonas, qui peuvent arriver par la suite dans le lait ». La quantité d’eau utilisée dans le cycle de lavage est mesurée lors du diagnostic. « Il n’y a pas de préconisations de volumes d’eau par poste. Chaque installation est différente, entre la longueur et le diamètre des tubulures, la présence ou non d’un pré-refroidisseur… ». Ce dernier consomme 20 L d’eau supplémentaire.

 

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