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Une conversion bio réussie, en grandes cultures

La conversion à l’agriculture biologique a économiquement conforté l’exploitation de 116 hectares de Jean-Yves Couedel, à Sarzeau (56). Il nous explique pourquoi.

« Sur des terres sèches et très hétérogènes en qualité, je me suis dit qu’il valait mieux chercher à bien valoriser la production plutôt que de courir après les rendements. La bio répondait à cette volonté ». Jean-Yves Couedel avait une autre motivation, d’ordre sociétale : la sortie du pulvérisateur dans une région très touristique et urbanisée le rendait de plus en plus mal à l’aise. La conversion d’un voisin éleveur laitier, avec lequel il avait un contrat d’échanges paille-fumier, a été, au final, l’élément déclencheur. Il a converti sa ferme en deux étapes. Une cinquantaine d’hectares, en 2010, à Arzon, à quelques kilomètres du siège, puis la totalité, en 2013. Sans regrets. Les résultats économiques lui donnent raison.

Marge brute doublée

Jean-Yves Couedel
Jean-Yves Couedel

« En 2009, dernière année en conventionnel, je sortais 65 800 € de marge brute sur 120 hectares, seul sur la ferme. En 2017, sur 116 hectares, la marge brute est de 117 500 €. J’ai pu embaucher mon fils à mi-temps ». L’EBE est passé, dans le même temps de 30 600 € à 48 900 €. Les investissements inhérents au passage en bio se limitent à la construction d’aires de stockage (et de séchage) pour 80 000 € environ, « indispensable, surtout dans cette zone éloignée, pour pouvoir attendre quelques semaines », un trieur, pour assurer une bonne qualité des livraisons, une charrue, pour nettoyer les terres (Jean-Yves Couedel pratiquait le sans-labour auparavant) et une herse étrille.

Rotations longues

Le système cultural est désormais bien calé. « À Arzon, où l’épandage d’effluents est interdit, j’implante une luzerne en tête de rotation. À Sarzeau, au siège, j’implante du trèfle. Ces espèces, qui restent quelques années en place, nettoient le sol et restituent de l’azote pour les cultures suivantes : un maïs puis une céréale ». Viennent ensuite, dans la rotation, un engrais vert, au rendement aléatoire en raison des éventuelles sécheresses de fin d’été, une avoine de printemps puis une féverole d’hiver (réintroduction d’azo-te), une seconde céréale et enfin, un mélange céréalier ou un sarrasin (voir schéma). Les prairies, qui représentent 30 % de la surface, sont fauchées (y compris trèfles et luzerne). Les récoltes sont vendues en fourrage dans le secteur.

À Arzon, les pailles sont restituées au sol. À Sarzeau, les terres sont fertilisées par des apports de fumiers de bovins et de chevaux (échanges paille-fumier). Les rendements, entre les périodes conventionnelle et bio, ont été divisés par deux voire par trois pour certaines cultures. « C’est le cas pour le blé mais, en maïs, je produis plus à l’hectare. C’est lié au bénéfice du binage dans cette région sèche ». Les labours, les faux semis, les passages de herse étrille en pré et en postlevée et le binage ont augmenté le temps de travail. « Je fais plus de tracteur et les pointes de travail sont difficiles à gérer au moment des semis de maïs (pas avant le 15 mai), de pois, de blé noir et en juin, au moment des binages et des foins ».

Nouvelles productions

Les céréales sont vendues à des coopératives, à la SA Pinault, à l’Ufab et aux Greniers d’Armorique. Le producteur réalise des essais, sur un demi-hectare, de haricot rouge, de lentilles corail et de pois chiche pour vendre en local, à une entreprise de restauration collective spécialisée dans les plats végétariens, sur Vannes (56). Des productions susceptibles d’apporter de la valeur ajoutée.

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