Politique et Syndicalisme

Une charte phytosanitaire qui manque d’ambition

Un certain nombre d’acteurs régionaux (Services de l’Etat, Organisations Professionnelles Agricoles) vont signer une charte régionale « Engagement et bonnes pratiques de l’usage des produits phytosanitaires pour la protection des lieux accueillant des personnes vulnérables »

Communiqué de la Confédération Paysanne du 29 juin.

La Confédération Paysanne de Bretagne a décidé de ne pas s’associer, pour le moment, à cette démarche. En effet, nous n’avons pas été associés à la rédaction de ce texte. Ensuite, nous ne comprenons pas l’objectif de cette charte qui n’est ni plus ni moins qu’un rappel à la réglementation et à des possibilités de concertation locale inscrites dans la Loi d’Avenir de 2014.

Nous notons cependant la volonté inscrite dans cette charte d’une concertation annuelle afin de la faire évoluer de manière positive. D’ores et déjà, nous formulons des propositions qui visent à concilier la protection des populations, la santé des utilisateurs et le revenu des paysans.

En préambule, aucun plan ne sera crédible aux yeux des citoyens sans une diminution significative des quantités de produits phytosanitaires utilisées. Les fonds publics engloutis dans le plan Ecophyto 2 induisent une obligation de résultats et pourtant, la consommation de produits phytosanitaire se maintient en Bretagne. Ensuite, les molécules dangereuses pour la santé et nocives pour la biodiversité doivent être interdites le plus vite possible.

Enfin, les conflits potentiels entre les agriculteurs et les riverains nous amènent à définir la notion de personnes vulnérables. Les écoles, les centres hospitaliers et les établissements pour personnes âgées doivent évidemment être protégés. Mais ces mêmes personnes peuvent se retrouver exposées sur leur propre lieu d’habitation. Pour nous, c’est la protection de la population dans son ensemble qu’il faut envisager.

Une telle charte devrait, à notre sens, relancer le débat crucial sur « les zones de non traitement ». Pour y parvenir, les agriculteurs doivent être accompagnés techniquement et financièrement. C’est le prix à payer pour un véritable engagement politique : Plus que nous nourrir, l’agriculture nous protège !

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