Élevage

Du plain-pied sur un terrain pentu

Le projet de Jean-Marie Guézennec, éleveur à Plouégat-Guérand (29),  repose sur une autoconstruction de bâtiment, pour pouvoir loger à terme ses 100 Normandes, avec un budget maîtrisé. Il a mis à profit le dénivelé du terrain pour un bâtiment fonctionnel.

Bloqué entre une route et une rivière, un premier bâtiment pour les génisses et vaches taries a vu le jour dès son installation en avril 2017. Le lieu d’implantation ? C’était une évidence pour le jeune éleveur : « La seule zone vide, à proximité du hangar à fourrage et pas trop loin de la fosse. Cela me permettait de centrer mes bâtiments par rapport aux prairies, qui seront au centre de mon système alimentaire ». Un choix quelque peu imposé par l’existant, malgré un dénivelé important. Alors, il a fallu jongler avec les pentes pour le nouveau projet de stabulation et la laiterie. « Et cette contrainte, on l’a utilisée pour caler les différentes altimétries dans le bâtiment », ajoute Marcel Toulgoat, conseiller bâtiment à BCEL Ouest. Et l’éleveur de rajouter : « On a ainsi profité de ne pas avoir de marches tant qu’à construire du neuf, pour le bien-être des intervenants dans l’élevage et des animaux ». La présence de schiste a facilité le remblaiement.

Un bâtiment suffisamment ventilé

Le premier bâtiment a été positionné selon les vents dominants, avec un faîtage orienté sud-est / nord-ouest, pour optimiser la ventilation naturelle, avec un bardage de plaques en acier nervuré à ventelles. La future stabulation sera construite en partie en contrebas de ce bâtiment, avec du bardage en pignon et des écailles en toiture, dans la partie large du bâtiment qui atteindra 46 mètres, pour éviter des zones déficitaires en ventilation. En bout de bâtiment, un filet brise-vent mobile est prévu au projet.

Des avant-projets pour éliminer les idées incohérentes

« À l’origine, j’avais en tête de faire un bâtiment plus trapu, plus large et qui se prolonge moins loin dans la parcelle », se remémore l’éleveur. Mais les projets fonctionnels et tous cohérents ont néanmoins révélé des contraintes quant à une extension possible selon la localisation de la salle de traite… et un problème de coût par rapport au budget alloué de 350 000 €, équipement compris, pour limiter l’endettement. « Plus c’est haut, plus c’est coûteux et plus difficile à mettre en œuvre seul. » Car il souhaite mettre à profit son expérience professionnelle en maçonnerie dans le génie civil : son projet il ne le conçoit que par l’auto-construction, pour limiter l’investissement. Il a commencé son chantier fin 2017 par la laiterie, point le plus complexe pour la gestion des pentes dans le bâtiment, avec trois mois de travail de maçonnerie – tout en gérant le travail d’astreinte sur l’exploitation – pour monter les murs en béton banché. Il espère investir les lieux avec ses animaux d’ici un an.

Avant
Après...  Simulation d’implantation : L’espace pentu entre le bâtiment existant, la fosse et le silo a permis d’implanter une stabulation et une salle de traite, accessible de plain-pied.
Après…  Simulation d’implantation : L’espace pentu entre le bâtiment existant, la fosse et le silo a permis d’implanter une stabulation et une salle de traite, accessible de plain-pied.

Un bâtiment évolutif

Après réflexion, un des choix effectués lors des études a été de séparer la salle de traite du bâtiment, entre la stabulation et la fosse en contre-bas du projet. « Si besoin, je pourrai allonger ou élargir mon bâtiment ».

L’implantation d’un bâtiment, une histoire de compromis

On doit rechercher l’implantation optimale d’un bâtiment, mais ceci reste néanmoins, un compromis entre les objectifs des éleveurs, les contraintes rencontrées sur le terrain et les réglementations. En matière d’orientation, le long pan du bâtiment sera plutôt perpendiculaire à la moyenne des vents dominants. Mais, le bâtiment devra aussi respecter les contraintes liées à l’urbanisation proche, à la distance aux tiers, à la présence de cours d’eau, aux bâtiments déjà existants, aux flux des circulations sur l’exploitation, un bâtiment classé à proximité…

Et il faut aussi envisager un agrandissement futur du bâtiment et la question de l’utilisation de la toiture pour la pose de panneaux photovoltaïques est aussi posée dans certains cas. Les règles d’urbanisme peuvent elles aussi contrarier le projet initial. Il convient par exemple de vérifier au niveau des PLU, PLUI ou POS auprès des mairies si, par exemple, des hauteurs maximales de bâtiment y ont été inscrites. En secteur littoral, l’orientation optimale du bâtiment peut aussi être compromise par la réglementation en vigueur. Une stabulation présente peu de pression au sol. Néanmoins, il convient de connaître l’état du sous-sol pour le terrassement. L’hétérogénéité de la structure d’un terrain pourrait provoquer des mouvements de terrain et entraîner des déformations de la structure.

Marcel Toulgoat, conseiller bâtiment, BCEL Ouest
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