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Les grains de maïs s’éclatent de plus en plus

Des éleveurs du département ayant débuté le maïs Shredlage il y a 1 à 2 ans se montrent satisfaits de l’apport de fibres et donc de la simplification possible de la ration. Mais attention à la distribution qui ne doit pas déstructurer le maïs.

« Aujourd’hui, les attentes des éleveurs laitiers évoluent en matière d’ensilage de maïs. Ils demandent de plus en plus à avoir des grains éclatés, voire pulvérisés pour valoriser au mieux l’amidon », a commenté Anthony Baslé, nutritionniste Eilyps, lors d’une des journées techniques organisées par la société RMH, le 16 janvier à Treffendel. En effet, la perte d’UF peut être importante quand les grains ne sont pas bien valorisés par l’animal. « 10 grains dans une poignée de bouse équivaut à une perte de 0,56 kg de maïs grain ou de 0,63 kg d’orge. »

Dans ce contexte, la technique du Shredlage trouve un intérêt grandissant auprès des éleveurs. Inventée par deux nutritionnistes américains et aujourd’hui développée par l’entreprise Claas, elle consiste à ensiler le maïs en brins longs de 22 à 27 mm tout en pulvérisant les grains. Les animaux bénéficient ainsi de meilleures rumination et digestion de l’amidon.

20 à 25 % de particules de grande taille

« Quand on mesure la fibrosité avec un tamis Penn state, on voit que le maïs Shredlage présente 20 à 25 % de particules de grande taille, supérieures à 19 mm, contre 10 % dans un maïs classique (coupe à 14 mm). Et dans ce dernier, elles ne sont pas toutes consommables. Le shredlage affiche par ailleurs 22 % de particules fines, contre 14 % en maïs classique. »

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Amélioration de la santé

Depuis deux ans, des éleveurs du département testent cette technique et l’affinent. « Côté conservation, il n’y a pas eu de souci globalement. Les éleveurs observent une amélioration de la santé du fait de l’augmentation de rumination (avec des rations dites “à risque”, basées sur le maïs ensilage). Et la transition en maïs est facilitée. Certains producteurs ont simplifié le travail en n’apportant plus de paille et foin dans la ration. La part de maïs peut être augmentée. Les autres fibres sont remplacées par des coupes d’ensilage d’herbe tendres et fortes en MAT (par exemple). » Eilyps propose aux éleveurs qui souhaitent évoluer dans la distribution de la ration, un audit complet de leur situation et des différentes formules possibles pour l’exploitation.

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Plus de fibres et des grains pulvérisés dans le maïs Shredlage.
Préserver les fibres au mélange
« Lors de la distribution par mélangeuse, le maïs ensilage ne doit pas être déstructuré. Il convient de remplir la cuve selon l’ordre suivant : fibres dures et ensilage d’herbe (s’il n’est pas trop fragile), liquides, minéraux, aliments, puis enfin maïs ensilage et produits fragiles », précise Anthony Baslé. Et attention à la durée du mélange qui doit être liée à la composition de la ration. « Un essai nous a montré que 7 min de mélange en plus sur une ration convenable accroissent considérablement le risque d’acidose. » Par ailleurs, « la qualité et l’homogénéité du mélange sont plus simples à obtenir avec des ingrédients fibreux préalablement “rotocutés” et un remplissage de la cuve ne dépassant pas 70 à 80 %. Enfin, l’ajout d’eau peut être intéressant pour agglomérer les fines particules et limiter la poussière, mais sans excès : viser 60 à 100 L/t de ration brute. » Lors de la rencontre, le constructeur RMH a présenté sa gamme d’automotrices qui permettent de ne pas défibrer les rations grâce à des fraises tournant plus lentement et des couteaux cuillers venant cueillir le produit.
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