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La méthanisation passive du lisier peut être rentable

Une simple bâche posée sur la fosse à lisier récupère du biogaz qui permet de chauffer l’élevage. Le procédé s’avère rentable dans certaines conditions.

La station expérimentale de Guernévez a équipé, en 2016, une fosse de 300 m3 d’une couverture flottante pour capter du méthane. Partiellement vidée en fin septembre, elle a été alimentée en lisier de porc des divers ateliers (maternité, PS, engraissement) toutes les deux semaines jusqu’à fin janvier 2017 (sans additifs). 10 à 20 m3 à chaque fois. La production de biogaz a été enregistrée jusqu’à la mi-mars, date des épandages et de la vidange de la fosse. En moyenne, 13 m3 de gaz ont été produits chaque jour, avec de fortes variations (de 3 à 39 m3/jour).

La température du lisier dans la fosse a évolué de 19 °C en septembre à 8 °C en mars. « Les apports réguliers permettent de maintenir un minimum de production », indique Aurore Toudic, de la Chambre d’agriculture, intervenant aux Journées de la recherche porcine, la semaine dernière. « La qualité du biogaz est restée stable sur la durée, avec 65 % de méthane environ (25 % de CO2) ». Un point essentiel pour une bonne valorisation dans une chaudière réglée en fonction de la teneur en méthane. Au final, 66% du pouvoir méthanogène de l’effluent s’est exprimé, selon la spécialiste. À noter également la faible perte en azote (- 2 %), ce qui confirme l’intérêt de la couverture sur sa préservation.

Procédé d’avenir ?

A partir de ces résultats, des simulations économiques peuvent être réalisées avec différentes hypothèses : taille de l’élevage, volume de la fosse, équipements de chauffage existants, aides, tarif électrique…. « Selon le scénario, le temps de retour sur investissement est compris entre 4 et  21 ans. Les projets sans aides sont difficilement rentabilisés en moins de 10 ans. Plus la fosse est grande, plus les apports de lisier sont optimisés, plus les besoins thermiques sont couverts et plus le projet est rentable ». L’évolution du tarif de l’électricité aura un impact sur la rentabilité. L’intérêt écologique du procédé est également à prendre en compte. Les émissions de gaz à effet de serre et d’ammoniac dans l’air sont réduites. « Une prise en compte de ces avantages, par exemple au travers de crédits carbone, pourrait faciliter sa généralisation en élevage ». En attendant, quelques éleveurs se sont équipés du procédé. Les résultats, en taille réelle, seront suivis avec attention.

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