Moins de phytosanitaires au Gaec de Kerihuel, à Berné

Engagés dans une mesure agroenvironnementale (MAE), les deux associés du Gaec de Kerihuel vont limiter les traitements phytosanitaires sur leur exploitation de 200 hectares.

Ils ont signé la MAEC 28-55. Jean-Louis Le Fur et Antoine Guigner devront respecter, dès 2020, un niveau maximum de 28 % de maïs dans la SFP et un minimum de 55 % d’herbe dans la SAU. Les achats de concentrés ne devront pas dépasser 800 kg/UGB. Surtout, l’utilisation de pesticides devra se faire plus rare.

Face à un groupe d’agriculteurs désireux de réduire les intrants, ils évoquaient, mardi dernier, les pistes pour conserver leurs marges tout en respectant leurs engagements. La sole de céréales va se réduire au profit de l’herbe (voir tableau). La centaine de laitières bénéficiera d’une surface herbagère encore plus importante qui permettra de limiter les achats de tourteaux. Les céréales, produites sur la ferme, en partie auto-consommées, ne sont pas prises en compte dans la MAE. La part de maïs est déjà faible ; la sole augmentera légèrement. C’est donc au niveau des pesticides que le Gaec devra faire évoluer ses pratiques. À la fin de la période, les traitements hors herbicides devront avoir diminué de 50 % par rapport à la référence locale Scorff-Blavet et les traitements herbicides de 40 %.

Evolution-assolement

8187 € d’herbicides

La situation herbicide est délicate. L’IFT herbicide du Gaec (1,3) est égal à la moyenne bretonne mais supérieur à la référence Scorff-Blavet (1,1), surtout pour les cultures de blé et de colza. Le coût pour le blé est de 72 €/ha et de 97 €/ha pour le colza (97 €/ha pour le maïs, dans la moyenne bretonne). Au total, le Gaec dépense 8 187 € pour ces désherbants.

Jusqu’à présent, un traitement au glyphosate était réalisé pour gérer les repousses de colza avant l’implantation du blé, sur une quinzaine d’hectares. Un traitement de prélevée et un rattrapage systématique augmente fortement l’IFT blé et le coût de la culture. Parfois, un rattrapage spécifique contre la folle avoine ou l’avoine à chapelet est réalisé. « Il faudrait limiter le “pré-levée” pour les parcelles peu accessibles en sortie d’hiver et sur les parcelles avec des problématiques ray-grass, brôme ou matricaire », conseille Christelle Samson, agronome à la Chambre d’agriculture. « Pour les autres, il faut revenir aux stratégies de traitement en sortie d’hiver ».

Pour le maïs, un traitement en post-levée précoce est réalisé avec, parfois, un rattrapage renforcé. « Il faut maintenir le « post-levée précoce et faire un rattrapage en fonction de la flore présente. À terme, le rattrapage mécanique peut être envisagé ». L’évolution de l’assolement, sans changement des pratiques, réduit l’IFT herbicide mais pas suffisamment pour atteindre l’objectif. Les changements de pratique sans évolution de l’assolement sont plus efficaces, mais pas encore assez.

Le Gaec de Kerihuel n’a pas d’autre choix que de jouer simultanément sur les deux leviers pour atteindre ses engagements. Ces efforts doivent réduire l’IFT herbicide à 0,67 (1,3 au départ), voire moins si un désherbage mécanique de rattrapage était adopté sur maïs. La bineuse n’a pas encore séduit les associés…

Le Gaec de Kerihuel en bref :

  • 2 UTH,
  • 95 vaches,
  • 300 places engraissement porc,
  • 200 ha SAU.

Fongicides

L’IFT hors herbicide du Gaec est, en 2017, de 1,18, inférieur à la référence Scorff-Blavet (1,5). Il devra descendre à 0,75 pour respecter l’engagement de la MAEC. « Actuellement, nous faisons deux fongicides sur céréales. L’objectif est de faire un seul passage sur au moins 50 % de la surface ». Les associés se promettent d’observer plus souvent leurs cultures et de s’appuyer sur le BSV (Bulletin santé du végétal). Le choix des variétés sera, plus qu’avant, orienté sur la sensibilité aux maladies. Ces efforts, combinés à l’évolution de l’assolement, devraient suffire à respecter l’engagement pour les traitements hors herbicides. « Les enquêtes montrent qu’il n’y a pas de corrélation entre le niveau de fongicides et les rendements », rassure Christelle Samson.

Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article