Economie, marchés et gestionÉlevage

Une santé stable malgré des résultats mitigés en volaille de chair

Les résultats des exploitations de volailles de chair sont stables en 2016 malgré la baisse des abattages, des exportations et de la consommation des ménages français. L’épizootie de grippe aviaire a joué un rôle majeur dans cette tendance.

Les résultats économiques et financiers avaient commencé à s’améliorer en 2015 après deux années de dégradation marquée. Pour l’exercice 2016-2017, l’EBE est de 4,17 €/m²/lot en poulet de chair et 7,69 €/m²/lot en dinde de chair. Il progresse en poulet de chair mais diminue en dinde. La structure financière des élevages continue de s’assainir : le taux d’endettement baisse de 5 points et le fonds de roulement est en hausse de 35 %. Cette amélioration des résultats doit s’inscrire dans le long terme pour offrir la possibilité à la filière de moderniser ou d’optimiser les outils de production. La rentabilité reste cependant trop faible pour amortir un bâtiment neuf et rémunérer l’éleveur.

Baisse des exportations

L’année 2016 a été marquée par l’influenza aviaire et a conduit à la fermeture des marchés pour la viande de volailles françaises. Les exportations de poulets ont ainsi baissé de 10 % entre 2015 et 2016. Parallèlement, les importations ont augmenté de 4 % et le déficit des échanges extérieurs s’est accentué : il atteint désormais 300 millions d’euros pour les préparations de poulets. En 2000, le solde des échanges extérieurs de viande de volailles présentait un excédent de plus d’un milliard d’euros. En 2016, ce solde atteint un déficit de 139 millions d’euros.

Abattages et consommation en baisse

Les abattages de volailles sont en recul en 2016, notamment pour le poulet (2 %) et le canard (16 %). Seule la dinde progresse (3 %) par rapport à 2015. La baisse globale des abattages se poursuit en 2017, mais la tendance entre espèces s’inverse : les abattages de dinde diminuent de 4,7 % et celui de poulet augmente de 1 %. Ainsi, le tonnage de poulets abattus augmente, mais le nombre d’animaux poursuit sa baisse : le poids d’abattage progresse en lien avec la baisse de production de poulets pour l’export. De plus, pour la 3e année consécutive, les ménages français ont réduit leurs achats de viande de volailles. Cette baisse de 2,1 % en volume et 1,9 % en valeur n’est pas propre à la volaille : les viandes de boucherie subissent également ce retrait.

Une année tendue pour les éleveurs de dinde
La grippe aviaire et la fermeture des frontières ont entraîné une hausse de production de dinde de 5,2 % en 2016. Les dindonneaux non exportés ont rejoint les élevages français et ont rapidement saturé les frigos de stockage. À défaut de pouvoir abattre leurs animaux, les éleveurs les ont conservés vivants conduisant à leur alourdissement et une dégradation des résultats technico-économiques. Le Comité interprofessionnel de la dinde française a rapidement réagi et négocié une évolution des contrats entre les organismes de producteurs et les abattoirs : 7 jours après la date prévue d’enlèvement des animaux, la compensation tarifaire est fixée à 15 € / tonne de vif. Au-delà du 14e jour, la compensation atteint 30 € / tonne.

Mélanie Yven / Cogedis

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