Economie, marchés et gestionÉlevage

Volaille de chair, le coût du bien-être animal pour les éleveurs

Les dépenses en énergie, en litière, et les investissements récents pèsent sur les charges. Elles sont nécessaires pour répondre aux attentes des consommateurs, mais le revenu des producteurs n’est pour le moment pas au rendez-vous.

En poulet lourd, les dépenses pour assécher les litières afin de réduire les pododermatites augmentent de 0,50 €/m² sur les clôtures comptables de juillet 2018 à juin 2019. Il s’agit des achats de paille, copeaux ou autre, mais surtout des dépenses d’énergie pour le chauffage et la ventilation. Avec une baisse de la marge poussin-aliment de 1 €/m², la marge brute recule au final de 1,20 €/m² (- 3 %). Le nombre de lots produits par an et le poids par m² sont stables.

Moins de rotations et plus d’énergie en poulet léger

En poulet léger, la marge poussin-aliment chute de 5,10 €/m². La rémunération du kilo est pourtant quasi équivalente, à 0,171 €/kg, mais le nombre de lots produits par an passe de 7,2 à 6,7. Par conséquent, le poids produit par m² recule de 25 kg, à 261 kg/m².
La hausse des dépenses en énergie de 0,7 € par m² s’ajoute à la baisse de la marge poussin-aliment pour aboutir à une diminution de la marge brute de 5,7 € par m² (- 17 %). Ces dépenses supplémentaires en énergie et litière sont nécessaires pour répondre à la demande sociétale en matière de bien-être animal, mais le surcoût n’est pas compensé par les rémunérations.

Plus d’investissements en poulet lourd

Dans le Finistère, département historiquement tourné vers le poulet export, la réorientation vers le poulet lourd est perceptible chez les adhérents Cerfrance. Les exploitations spécialisées en poulet léger deviennent moins nombreuses que celles en poulet lourd. Ces dernières ont d’ores et déjà commencé à investir, à hauteur de 16,7 € par m² sur l’exercice 2018-2019. C’est trois fois plus que celles qui sont restées en poulet léger. Mais malgré de meilleures marges par m² en poulet lourd, le revenu de ces exploitants plafonne en moyenne à 1,1 Smic. La rentabilité du capital est aussi relativement faible.

Les poulets lourds, notamment destinés au marché français de la restauration hors domicile, répondent à l’objectif de la filière de reprendre des parts de marché captées aujourd’hui par les importations. Si le projet d’étiquetage d’origine de la viande en restauration hors domicile aboutit, l’origine « France » sera un argument à faire valoir auprès du consommateur, en plus du bien-être animal. Dans tous les cas, le niveau de rémunération du kilo vendu doit être plus élevé pour permettre aux producteurs de se rémunérer à hauteur du travail fourni et des investissements engagés.

Pascale Van Belleghem/ Cerfrance Finistère

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