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Une période d’essai avant de se lancer

EARL DE BREIZH, À ALLAIRE (56)

Ophélie Mathurin s’est tout d’abord testée en tant qu’éleveuse dans le poulailler de 1 000 m2 que ses parents n’exploitaient plus, tout en conservant son emploi, avant de réellement s’installer et de lancer des investissements.

« En 2017, un an après avoir obtenu mon Bac pro CGEA, j’ai décidé de reprendre le poulailler de 1 000 m2 faisant partie de l’exploitation de mes parents, spécialisée en élevage de dinde », témoigne Ophélie Mathurin, éleveuse à Allaire (56). La jeune femme de 25 ans n’imaginait pas s’installer aussi rapidement après ses études. Elle a accéléré sa décision en voyant le poulailler qui était vide depuis 9 mois et les petits boulots qui ne lui plaisaient pas qu’elle enchaînait en intérim en parallèle. « Mes parents m’ont mis à disposition ce poulailler datant de 1976 afin que je puisse tester le métier sans m’engager financièrement. Durant cette période, j’ai conservé mon travail dans un magasin de bricolage à plein temps. »

Du matériel d’occasion pour limiter l’investissement

Ophélie Mathurin élève 4 lots de dinde, les résultats techniques sont au rendez-vous. Elle comprend alors que c’est bien dans l’élevage de volailles qu’elle souhaite s’installer. « En 2018, je m’installe officiellement en choisissant la coopérative Le Gouessant comme partenaire. En 2019, je m’oriente vers l’élevage de poulet, je lance une rénovation du poulailler et investis 125 €/ m2. » Elle refait les côtés du bâtiment avec des panneaux sandwich et des longrines isolées. Elle achète d’occasion chaînes d’alimentation, pipettes, brumisation et boîtier de régulation. Si la ventilation reste principalement en statique, l’installation de 8 turbines en pignon permet de ventiler en semi-dynamique l’été. Le sol a été bétonné et les pignons rénovés en 2020.

10705.hr
L’installation de fenêtres sur un poulailler de 1 200 m2 nécessite 15 000 € d’investissement.

100 000 € d’économies en étudiant les devis

Persuadée d’avoir trouvé sa voie, Ophélie Mathurin envisage en 2019 de construire un poulailler neuf ou trouver des bâtiments existants afin de quitter son emploi de salariée. « Le projet de poulailler neuf de 1 800 m2 ne passait pas avec un investissement qui montait à 330 €/m2 », remarque Samuel Marchand, technicien volaille pour Le Gouessant. L’opportunité de reprendre un élevage de 2 400 m2 en 3 bâtiments s’est vite présentée. « J’ai acheté les poulaillers 50 €/m2. J’ai investi 100 €/m2 dans leur rénovation, l’installation de fenêtres, le sol bétonné, la reprise de 12 ha de foncier, la rénovation d’un hangar de stockage de 1 900 m2, l’achat d’un télescopique et d’une pailleuse Dussault », décrit l’avicultrice. Le poulailler de 1 200 m2 est passé en ventilation dynamique avec des trappes d’entrée d’air Fancom. Aujourd’hui, les 3 400 m2 de poulaillers sont tous rénovés, en sol béton avec des fenêtres, ils sont surtout très fonctionnels.

« Avant de débuter la phase de rénovation nous avons étudié longuement les devis avec le service bâtiment de la coopérative. L’idée était de ne rien oublier et limiter le superflu pour que le projet soit accepté par la banque. La priorité était qu’Ophélie travaille dans de bonnes conditions et qu’elle gagne sa vie. Ce travail a permis d’économiser 100 000 € sur les devis initiaux », constate Samuel Marchand. Une part d’autoconstruction (pose des fenêtres, panneaux sandwich…) non négligeable, avec l’aide de la famille et des amis, a permis de limiter les investissements.

Un prévisionnel à 9,50 €/m2 de marge PA
Le Gouessant a versé une aide directe de 10 €/m2 lors de l’installation de l’éleveuse. La coopérative a aussi pris en charge 15 % du coût des fenêtres. Pour un poulailler de 1 200 m2, il faut compter 15 000 € pour l’équiper de fenêtres (3 % de la surface au sol). Ophélie Mathurin est partie sur un prévisionnel à 9,50 €/m2 de marge poussin-aliment (PA) en production de poulet sexé afin de garder de la marge de sécurité. La moyenne des différents lots sortis depuis mars 2020 est de 11 €/m2 de marge PA. « C’est un challenge au quotidien et je sais que je peux encore améliorer mes résultats », conclut l’avicultrice.
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