CulturesIlle-et-Vilaine

La mini-motte, technique de désherbage en betterave ?

Une douzaine d’adhérents d’Agrobio 35 se sont lancés dans la culture de betterave plantée en mini-motte.

La betterave, ils connaissent. Il y a une dizaine d’année, Cécile et Christian Mogis, éleveurs laitiers à Pacé (35), en semaient. S’ils ont arrêté, c’est à cause du désherbage laborieux. « L’efficacité du désherbage avait un côté aléatoire, le développement du jeune plant de betterave s’effectuant à la même vitesse que les adventices », ont-ils témoigné, jeudi 12 octobre, lors d’un rendez-vous technique organisé par Agrobio35. Pourtant, la valeur énergétique élevée de ce fourrage était intéressante, avec des incidences positives sur la production laitière de leurs 80 vaches, la matière grasse et un effet « santé ». Alors cette année, accompagnés d’une douzaine d’éleveurs, ils ont retenté l’expérience, mais en plantant des mini-mottes sur une vingtaine d’hectares. Un test qui leur a permis de lister des pistes d’améliorations pour retenter l’aventure l’année prochaine.

Une planteuse de précision

De la semence de betterave fourragère Merveille, non traitée, a ainsi été transmise à la société Thomas Plants (22), spécialisée dans les mini-mottes, début mars. « Le chantier doit être anticipé, du semis à la récolte, du respect du calendrier au choix de matériel », relève l’éleveur. En effet, quand les plants arrivent, en mai, les producteurs n’ont que quelques jours pour réaliser la plantation, en veillant à planter des mottes suffisamment humidifiées. Une planteuse d’occasion à godet 6 rangs avec un écartement de 50 cm a été acquise pour l’occasion par la Cuma bio 35. Elle était tractée par un tracteur d’un des producteurs permettant une voie de 2 m et équipé d’un système d’autoguidage RTK. Neuf personnes étaient présentes pour un débit de chantier de 2,5 ha/jour.

Les estimations permettent d’envisager un rendement de 18,5 t MS/ha sur une parcelle à Pacé.
Les estimations permettent d’envisager un rendement de 18,5 t MS/ha sur une parcelle à Pacé.

Le travail du sol, un gage de réussite

Les éleveurs ont tâtonné sur l’implantation. Avec du recul, ils insistent sur la qualité de la préparation du sol, bien rappuyé. « La terre doit être préparée devant la planteuse », insiste Christian Mogis, pour que la plante bénéficie de l’humidité du sol. « Une terre fine permet aussi un bon tassage de la mini-motte, enterrée sous 1 cm de terre. Ce plombage est capital pour éviter d’arracher la culture lors du premier désherbage mécanique, une semaine plus tard. »

Un désherbage à 7 et 15 jours

Côté désherbage, il est important d’intervenir tôt, à la herse étrille ou la houe rotative, quand les adventices sont encore au stade filament, 7 jours après l’implantation. « Des arrachages de plants induits par une mauvaise préparation du sol m’ont obligé à retarder de quelques jours le 1er passage. J’ai ensuite procédé à deux passages de bineuse. Mais sans système RTK pour le binage, c’est plus difficile. C’est un équipement à envisager pour l’année prochaine », rapporte Christian Mogis. L’objectif à l’avenir sera de réaliser deux passages
mécaniques à J+7 et J+15 et un ou deux binages avec buttage.

Un coût élevé compensé par le rendement

Cela n’a cependant pas altéré le rendement de la culture. A quelques jours de la récolte, le rendement estimé à Pacé est à plus de 18 t MS/ha, avec une moyenne de 3,5 kg par betterave sur les 38 000 pieds restants/ha. Le coût de la culture (hors temps de travail de plantation) s’élève à 1 881 €/ha (voir tableau). « Le coût du plant en mini-motte doit être compensé par le rendement, ce dernier étant beaucoup plus sécurisé qu’avec la technique du semis », témoignent les éleveurs.

cout-betterave

Des améliorations à apporter
La plantation a été réalisée à 50 cm d’intervalle sur les interrangs et 48 cm sur le rang, à une densité de 40 000 pieds/ha. « La densité est à travailler. À ce niveau, on a trop de vide favorable au développement des adventices », explique Christian Mogis. Cela induira certainement une augmentation des coûts, qui devrait être compensée par un meilleur rendement. Et, outre les améliorations à apporter sur la préparation du sol, les éleveurs envisagent d’acheter une planteuse neuve. Toute personne intéressée peut se faire connaître auprès de David Roy, Agrobio 35 (02 99 77 09 59).
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