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Aviculture : la désinfection thermique fait ses preuves

L’automoteur de désinfection thermique créé par l’entreprise Tounet continue de faire ses preuves dans les poulaillers. Des essais ont mis en avant la moindre mortalité et un gain sur le GMQ après une désinfection thermique comparée au chimique.
Luc Papeta, codirigeant  de l’entreprise Tounet
Luc Papeta, codirigeant de l’entreprise Tounet

Récemment, le responsable de l’élevage avicole du lycée La Touche, à Ploërmel (56), a réalisé un comparatif de désinfection entre les 2 poulaillers statiques spécialisés en dinde. Un bâtiment a été désinfecté comme à son habitude avec de la soude caustique et de la chaux. L’autre poulailler a reçu une désinfection thermique qui est un procédé innovant. À la fin du lot en place le responsable d’élevage tirera ses conclusions.

Luc et Antoine Papeta de la société Tounet, à Ploërmel, sont les initiateurs du projet. Le matériel a été réalisé sous la houlette de Denis Gasse, spécialiste des techniques « à la flamme ». « Nous utilisons ce procédé à une température supérieure en bâtiment bovin pour faire buller le béton afin que les vaches ne glissent plus », explique Luc Papeta.

1 950 °C à la sortie des brûleurs

Les bouteilles de Propylène  sont placées dans un bac d’eau chaufée à 50 °C pour éviter qu’elles ne givrent.
Les bouteilles de Propylène sont placées dans un bac d’eau chaufée à 50 °C pour éviter qu’elles ne givrent.

La base de cet automoteur de désinfection thermique est un fauteuil roulant électrique qui offre l’avantage d’être très maniable avec son joystick et de pouvoir tourner sur place. Si le concept se développe, la finalité de l’entreprise Tounet serait de pouvoir proposer du travail à des personnes en situation de handicap. La machine prend 2,9 m de largeur et un élément supplémentaire avec des brûleurs peut être ajouté pour passer à 4 m de largeur.

« Avec 4 m de large, il faut que l’on soit sur un sol bétonné ; avec de la terre battue ce n’est pas assez plan pour prendre plus de 2,9 m de large », précise Luc Papeta. L’automoteur en 2,9 m de largeur est équipé de 20 brûleurs et en 4 m de 30 brûleurs. Ils fonctionnent grâce au Propylène et la flamme sort à une température de 1 950 °C. Les brûleurs sont groupés dans une sorte de four protégé à l’avant par des chaînes. La température y avoisine les 700 °C et la flamme élimine les derniers résidus de fumier et détruit les sources de contamination.

« Sur sol bétonné, il ne faut pas dépasser les 160 °C pour ne pas détériorer le béton. Pas de problème donc pour les bâtiments équipés de plancher chauffant puisque les calories n’ont pas le temps de migrer et de détériorer les tuyaux », affirme le codirigeant de Tounet. Par contre, sur terre battue les intervenants n’hésitent pas à chauffer le sous-sol à plus de 100 °C (test réalisé : 120 °C pendant plus d’une minute à 3 cm sous la terre). « À cette température aucun organisme vivant ne résiste. On constate même une action positive contre les ténébrions. » Luc Papeta conseille tout de même de réimplanter des bactéries en pulvérisation après la désinfection thermique, car « la nature a horreur du vide ».

20 éleveurs recherchés pour des essais

L’automoteur de désinfection avance entre 1,5 et 2 m /minute sur terre battue et 8 m/minute sur sol béton. « Le débit de chantier est en moyenne de 400 à 500 m2/heure. Le coût de la prestation est au maximum de 1 €/m2 auquel s’ajoute un forfait déplacement d’un maximum de 200 € variable suivant le lieu et la surface à désinfecter ».

Lors de précédents essais les résultats semblent être aussi bons qu’avec une désinfection chimique. La grosse différence est que le thermique serait la meilleure solution pour résoudre des problèmes de coccidiose (voir encadré : « Des essais concluants »). L’entreprise Tounet recherche un vingtaine d’éleveurs en Bretagne pour poursuivre les essais et comparer les résultats sanitaires avant et après désinfection thermique. « Le but est bien de déterminer précisément quel est le gain pour l’éleveur et savoir à quelle fréquence ce la doit être réalisé. »

Des essais concluants
Le CTPA, en charge de la réalisation d’essais cliniques au sein du pôle expertise de Zoopole développement, a mis en place deux essais pour l’entreprise Tounet basée à Ploërmel (56). La problématique était d’évaluer l’effet du brûlage des sols sur la coccidiose en poulet de chair. Dans le premier essai, réalisé en 2014, le poid des poulets pris au hasard à 27 jours dans les parcs brûlés au moment du vide sanitaire étaient significativement supérieurs à ceux des poulets issus des parcs traités au Prophyl 75® ou à la chaux (1,37 kg contre 1,27 et 1,23).

La mortalité était également significativement inférieure (1,6% contre 2,8 et 2,4). Dans le deuxième essai, réalisé en 2017, les poulets ont été identifiés, puis pesés individuellement. Le GMQ sur la période 17-23 jours est statistiquement supérieur pour les animaux élevés dans les parcs brûlés au moment du vide sanitaire, par rapport à ceux issus des parcs traités au Virocid® (74,37g/j contre 72,36g/j).

Retrouvez l’entreprise Tounet sur Facebook.

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