Élevage

Moins d’éleveurs de lapins mais des résultats en progrès

La filière lapin vit une crise sans précédent, le nombre d’éleveurs diminue, les résultats économiques ne sont pas au rendez-vous.

« Pour la première fois, l’association des éleveurs de lapins bretons (AELB) voit son effectif d’éleveurs diminuer. Nous passons de 44 éleveurs en 2015 à 39 en 2016 », lance Pascal Mancel, président de l’AELB lors de l’assemblée générale le 28 juin à Saint-Thélo (22). Plusieurs raisons expliquent ce phénomène tout d’abord les difficultés des éleveurs à dégager un revenu suffisant lié à la consommation de lapin qui baisse en France, les problèmes de valorisation des peaux de lapin, la recrudescence des cas de maladie virale hémorragique (VHD).

15,21 kg valorisés/IA

Malgré tout, les résultats techniques des éleveurs continuent globalement de progresser. La fertilité atteint une moyenne de 81,66 % chez les éleveurs de l’AELB. La mortalité est de 3,6 % pour 7,5 % de mortalité naissance-sevrage et 6,9 % en engraissement. Le nombre de sevrés par mise bas est en moyenne de 8,36. Le poids de vente est en hausse comparé à 2015, il est de 2,555 kg à 104,7 jours pour un indice de consommation de 3,274. Le taux de saisie de 2,32 % a fortement augmenté comparé à 2015, ce qui impacte directement le résultat économique. Sur l’année écoulée, les éleveurs arrivent à 15,21 kg valorisés/IA. « Sur ce point technique les résultats sont de plus en plus hétérogènes sur le groupement avec le ¼ supérieur qui progresse et la moyenne qui baisse », constate Pascal Mancel.

Depuis le début de l’année, le prix du lapin vif a tendance à augmenter. La moyenne se situe à 1,82 €/kg alors qu’en 2015 sur la même période il était à 1,77 €/kg. Par contre, les achats des ménages poursuivent leur baisse vertigineuse. Après une diminution de 10 % en 2015 puis 2,7 % en 2016, le début 2017 est à moins 10 %. « Nous travaillons sur les classes d’âge qui consomment du lapin, mais nous devons cibler les consommateurs plus jeunes en leur proposant des produits de type émincés, saucisses… », explique le président de l’AELB.

Tenter le lapin sans antibiotiques
Thierry Picaud, fondateur du cabinet de consulting Medinbio a livré aux éleveurs sa méthodologie pour tendre vers la démédication en élevage. Après avoir aidé à la création d’une filière poulet sans antibiotiques qui a mis 5 ans à se structurer, il a fait la même chose en veaux en 2 ans. « Le succès passe par la mise en place d’actions coordonnées entre zootechnie, prophylaxie naturelle et nutrition. Il faut faire un état des lieux et identifier les différentes réussites chez chaque éleveur, vétérinaire, nutritionniste et tout mettre en musique. » Il poursuit : « La viande de lapin est reconnue par les nutritionnistes mais le point négatif ce sont les antibiotiques. Le consommateur est demandeur d’un lapin garanti sans antibiotiques, c’est certainement difficile à mettre en place mais cela demande tout de même une étude de faisabilité en élevage. Produire un lapin sans antibiotique permettrait de se positionner entre le bio et le conventionnel en proposant aux consommateurs une viande avec un levier santé. Il faut réussir à instaurer une relation gagnant/gagnant avec le distributeur pour négocier un juste partage de la marge », conclut Thierry Picaud.
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