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Maîtriser ses charges grâce à internet, quand l’occasion fait le larron

Comment faire du neuf avec du vieux ? Au Gaec de Pécane, pour maîtriser les charges, la nouvelle stabulation a été entièrement équipée de matériel d’occasion. Ils ouvrent leurs portes le jeudi 22 juin, dès 11 h.

Et si innover, c’était recycler ? À Bréhan (56), Rémi Cadio, 23 ans, n’a qu’un rêve : s’installer avec ses parents Armelle et Christophe. Pour ces derniers, la condition est de « pouvoir se dégager un revenu » en développant l’exploitation qui produit déjà 550 000 L de lait et compte deux poulaillers en dindes de chair. Le jeune homme trouve la solution sur Internet : il dégote fin 2015 un contrat laitier de 420 000 L à racheter. Cependant impossible de produire un tel volume dans des bâtiments déjà saturés. Le projet d’une nouvelle stabulation germe, mais les coûts des devis, « en pleine crise laitière », refroidissent la famille.

Christophe et Armelle Cadio, éleveurs à Bréhan.
Christophe et Armelle Cadio, éleveurs à Bréhan.

« Que le lait, aussi, se mette en marche »

Pour autant, Rémi n’abandonne pas et change son fusil d’épaule. Sur le web, il fouille les sites de petites annonces deux fois par jour pendant six mois à la recherche de bons plans pour équiper un nouveau bâtiment de 2 800 m2. Il s’organise un tour de France de l’occasion en négociant et rachetant une salle de traite 2 x 16 places simple-équipement et des racleurs hydraulique en Vendée, 150 places de cornadis et de logettes en Haute-Marne et dans l’Aveyron, deux stations de Dac supplémentaires et une remorque mélangeuse en Bretagne…

Avec des amis et sa sœur Claire, 18 ans, qui projette aussi de s’installer. Il démonte et remonte tout à l’identique. « À l’arrivée, on dirait du neuf », apprécie le papa. Au total, installation de traite comprise, le bâtiment de 150 places (100 à 110 laitières actuellement) inauguré en fin 2016 a coûté 670 000 €, soit 4 500 € la place. Aujourd’hui salarié sur la structure, tout est désormais prêt pour que Rémi devienne associé de ses parents d’ici quelques mois. Tous attendent surtout avec impatience que « le prix du lait, lui aussi, se mette “en marche” pour atteindre les 350 € aux 1 000 L ! ».

Logettes creuses
Plus répandue à l’étranger, les associés ont fait le choix de la logette creuse : « On évite le coût du béton en fond de logette. Les places sont remplies d’un mélange paille + dolomie + eau . C’est économique, confortable et simple à entretenir. »
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