Cultures

Les apports d’azote jusqu’au 20 mars bien valorisés

Sur l’ensemble de la région Bretagne, les cumuls de précipitations ont été faibles depuis la fin mars, avec une incidence sur l’assimilabilité de l’azote.

Les céréales sont actuellement proches du stade dernière feuille pointante à dernière feuille étalée. Le potentiel en place est globalement satisfaisant. Les apports d’azote réalisés jusqu’au 20 mars ont été bien valorisés pour l’ensemble de la région, sauf au nord-est Côtes d’Armor, au nord et à l’est Ille-et-Vilaine. Au-delà de cette date, l’absence de pluies a conduit à une mauvaise valorisation des apports.

Le sec ralenti l’assimilation

Le temps sec ralentit l’assimilation des apports d’azote, avec des nuances selon le secteur géographique : l’ouest de la Bretagne a reçu un cumul de précipitations suffisant pour que les apports réalisés jusqu’au 20 mars soient totalement valorisés. En revanche, sur le nord-est de notre région et sud 35, ces apports n’ont pas reçu suffisamment de pluie pour pouvoir être pleinement assimilés. L’azote apporté depuis le 20 mars n’est encore que partiellement absorbé et finira d’être valorisé au retour de la pluie. (Voir carte de gauche, ci-dessous). Sur l’ensemble de la région, les apports réalisés au-delà du 25 mars n’ont pas été valorisés. (Voir carte de droite).

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Attention à l’interprétation des diagnostics précoces

Nous sommes dans la plage des stades où un diagnostic de l’état de nutrition azotée peut être réalisé (de 2 nœuds à dernière feuille étalée). Il n’y a pas de contraintes particulières dans les secteurs suffisamment arrosés, mais des précautions sont à prendre dans les secteurs les plus secs, avec moins de 15 mm de pluie mesurés depuis le dernier apport d’azote :

  • Attendre le stade ultime pour réaliser le diagnostic (soit le stade dernière feuille étalée) ;
  • Si les 15 mm n’ont pas été atteints le jour du diagnostic, la dose conseillée sera très probablement surestimée. Il est conseillé dans ce cas ne pas dépasser la dose mise en réserve.

L’azote pleinement valorisé jusqu’au stade gonflement

Les céréales ont la capacité de valoriser un apport d’azote jusqu’au stade fin gonflement (lorsque l’épi commence à sortir de la gaine).
Entre épiaison et floraison, la réponse à un apport d’engrais se traduit principalement par une augmentation de la teneur en protéines des grains mais le rendement est déjà affecté.
Après floraison, les composantes de rendement impactées par l’azote – nombre d’épis et nombre de grains – sont fixées. Passé ce stade, un apport d’azote ne permettra pas de rattraper le potentiel de rendement perdu sous l’effet d’une carence azotée.

Ainsi, jusqu’au stade gonflement, une céréale est capable de tolérer une carence azotée passagère, induite par le manque d’eau. L’absorption d’azote est différée mais cela n’aura pas de conséquence sur le rendement, surtout dans le contexte de l’année où les fournitures du sol étaient importantes en sortie d’hiver.
Un apport positionné entre dernière feuille étalée et gonflement, juste avant une pluie, garantira une valorisation optimale en rendement et en protéine.

Si la forme utilisée est de l’ammonitrate ou de l’urée adjuvantée (type Nexen, Utec 46 ou Novius), il sera possible d’anticiper l’arrivée des pluies de quelques jours.
Si la forme employée est de la solution, il sera préférable de retarder le déclenchement de l’apport jusqu’à l’arrivée de l’épisode pluvieux, compte tenu des risques importants de volatilisation.

Si le manque de pluie pénalise l’absorption des engrais au sol, il pénalise aussi l’assimilation de l’azote apporté par voie foliaire.
Pour pénétrer dans la feuille, l’azote issu des engrais foliaires a besoin de traverser la cuticule. Une hygrométrie importante est donc indispensable.
Un manque d’eau provoque une moindre assimilation de l’azote par la culture quelle que soit sa forme. Un temps sec est alors aussi défavorable à la valorisation des engrais foliaires qu’à celle des engrais solides.

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