Élevage

Les investissements reprennent en porc

Des avancées significatives en termes de réglementation ont permis de faciliter certains projets. Les éleveurs bénéficient, depuis peu, des aides du plan de compétitivité. Les cours se maintiennent…

« Si vous avez des projets, vous êtes dans le vrai ». Il y a seulement un an, Michel Bloc’h, président de l’UGPVB, n’aurait probablement pas utilisé cette formule. Depuis, l’exportation a redonné des couleurs à la filière et aux éleveurs. Le PCAEA (plan de compétitivité) permet désormais d’accéder aux aides à l’investissement, historiquement réservées aux ruminants, et accompagne le frémissement. 505 dossiers ont été déposés par les éleveurs de porcs pour une aide moyenne par élevage de 32 000 € (plafonds à 50 000 €). L’engagement positif du Conseil régional et des services de l’État est salué par les dirigeants de l’UGPVB.

Bisbilles

Philippe Bizien, président du Comité régional porcin, interpelle toutefois Olivier Allain, vice-président du Conseil régional, sur la politique menée par la Région. « Vous nous soutenez, c’est très bien. Pourquoi accordez-vous, dans le même temps, des aides à des associations qui veulent nous empêcher d’investir, de développer nos entreprises ? ». Eau et rivières de Bretagne est dans le collimateur.

Michel Bloc'h (au premier plan), et Bernard Rouxel, lors de l'AG de l'UGPVB section porc, ont animé une session où l'optimisme et la combativité étaient de rigueur.
Michel Bloc’h (au premier plan), et Bernard Rouxel, lors de l’AG de l’UGPVB section porc, ont animé une session où l’optimisme et la combativité étaient de rigueur.

« Nous les aidons pour leur mission d’éducation à l’environnement, notamment à Belle-Isle-en-Terre (initiation à la rivière) », répond Olivier Allain. « En parallèle, j’échange beaucoup avec eux. Je me fais l’avocat de la production porcine, pour des projets comme celui de la maternité collective de Trébrivan, par exemple. Certains de leurs responsables reconnaissent d’ailleurs que ce projet est irréprochable au niveau environnemental ». Bon courage pour rapprocher les deux mondes…

Futures attaques des lobbys anti-viandes

Autres mondes difficiles à rapprocher : les filières d’élevage et les associations anti-viandes. « Chaque campagne de dénigrement rapporte beaucoup d’argent et d’adhésions à ces ONG », assure Guillaume Roué, président d’Inaporc. « C’est une surenchère ! La principale association anglaise prépare une campagne pour le début 2017 ». Difficile de répondre coup pour coup, d’autant que le monde de l’élevage en sort rarement vainqueur. « Il faut continuer de communiquer, sur les emplois créés par nos filières. Le contrat d’avenir sociétal*, initié par l’UGPVB, va dans le bon sens ». Un travail de fond en quelque sorte. L’UGPVB veut, sur cette problématique, définir une stratégie collective sur du long terme, avec un plan d’actions et des moyens.

Une bouffée d’ammoniac

La filière porcine reste vigilante sur le dossier Bref Élevage (document de référence qui liste l’ensemble des Meilleures techniques disponibles (MTD) permettant de réduire l’impact environnemental des élevages, notamment les émissions d’ammoniac) en cours de révision actuellement. « Nous craignons une sur-transposition au niveau français des directives européennes. Nous demandons également une simplification pour éviter les pertes de temps et d’énergie », indique Bernard Rouxel, en charge du dossier environnement. L’assemblée générale a été suivie d’un débat avec une sociologue et un médecin qui a insisté sur les bienfaits de la consommation de viande (que nous détaillerons dans un prochain numéro). De quoi donner des arguments à la filière pour contrer les associations anti-viandes, de plus en plus offensives.

À terme, un prix du porc par éleveur ?
Un plus grand nombre de porcs au MPB. C’est le souhait de la majorité des responsables du maillon production, fortement exprimé à l’assemblée générale de l’UGPVB, section porc. « Le prix ne peut pas être décrété, il doit refléter la réalité du marché international ». Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements, ne veut pas revivre une période qui a laissé des traces, celle d’il y a exactement un an, « celle engendrée par le bazar orchestré en l’absence de fluidité ».

Cela passe par une consolidation des apports au cadran et une participation de tous les abatteurs à Plérin. Philippe Bizien, président du Comité régional, enfonce le clou. « Il y aura, au final, un prix par éleveur si nous ne sommes pas capables de travailler collectivement. Dans un tel cas, les petites structures et celles qui sont les plus éloignées des outils d’abattage disparaîtront ». L’enjeu est celui de l’équité entre éleveurs et de l’unicité du prix.

*Le Contrat d’avenir sociétal illustre la volonté des groupements d’écrire un projet pour répondre aux attentes de la société. Les éleveurs demandent aux distributeurs de s’impliquer pour construire la réponse qu’attend le consommateur citoyen en termes d’environnement, de bien-être…

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