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Forum Terres d’innovations : “Faire autrement est-ce si gênant ?”

Se former, s’informer, s’ouvrir aux autres et s’engager sont des leviers qui permettent de mieux gérer les changements.

Organisée en partenariat entre la Chambre d’agriculture et la MFR de Fougères, la seconde édition du forum Terres d’innovations a eu lieu le 8 décembre autour du thème « Faire autrement est-ce si gênant ? ». L’après-midi a été nourri de nombreux témoignages d’agriculteurs locaux.

Echanges parcellaires sur 7 ans

Pendant 7 ans, Jérôme Charrière a pris part à un projet local d’échanges parcellaires amiables. « La quinzaine d’agriculteurs concernés étaient volontaires, la plus grande difficulté est venue des propriétaires : une cinquantaine en tout », explique le producteur qui, avec un autre agriculteur, a donné beaucoup de son temps pour que le projet aboutisse.

« Au final, les agriculteurs sont contents, avec des vaches qui ne vont plus sur les routes. Grâce à des cartographies, les propriétaires ont pris conscience qu’un parcellaire plus cohérent donne de l’intérêt à leurs terres. » Christophe Lechable a, quant à lui, dû faire face à un manque de capacité de stockage d’effluents. « Nous avons fait le choix d’un séparateur de phase il y a deux ans, pour le même coût qu’une fumière. L’intérêt est pour nous de transporter un fumier plus compact, de meilleure valeur… »

Des Pays-Bas à Feins

Pour Arie Uitenbroek, le changement a été radical, puisqu’il a décidé de quitter les Pays-Bas en 2002 où il ne pouvait pas développer son exploitation du fait de la concurrence foncière. Il a saisi une opportunité à Feins où il produit aujourd’hui 630 000 L de lait sur 80 ha. « La Bretagne a beaucoup d’atouts », précise l’éleveur qui souligne par contre un point faible en France en comparaison à son pays natal : « Le manque de réactivité des marchés laitiers… »

« Souvent, on préfère se convaincre que les difficultés viennent d’ailleurs, et on ne bouge pas. Mais des leviers existent pour agir. Avec l’Europe, nous devons construire une action collective. Il faut d’abord savoir où l’on veut aller et agir en fonction des calendriers. Pour la nouvelle Pac, il faut présenter un projet avant fin 2017 », insiste Gérard Peltre, président de « Ruralité environnement et développement ».

S’engager pour moins subir
Plusieurs producteurs ont souligné l’importance de l’engagement comme « moyen de faire face à ce qui nous entoure. » « On peut s’engager à petite échelle, selon son emploi du temps, ses compétences… Se former à la prise de responsabilités est possible via la formation Agri Avenir organisée par les JA d’Ille-et-Vilaine. Mais c’est surtout en faisant qu’on apprend », souligne Lionel Mazier qui s’est engagé à différents niveaux depuis son installation (syndicat, Cuma, projet de méthanisation…). « Aujourd’hui, nous sommes trop peu nombreux à défendre la profession. Nous devons être présents dans les lieux de dialogue et de décision », expriment d’autres agriculteurs.
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