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Expliquer la volatilité des prix des marchés céréaliers

Dans un marché mondialisé, les prix des céréales sont influencés par de nombreux facteurs dont les effets peuvent s’additionner ou se neutraliser. Le poids de ces facteurs varie selon les conditions du moment. Retour sur les mécanismes en jeu dans l’évolution des prix des céréales.

Le prix d’un produit, à un moment donné, reflète l’équilibre entre l’offre et la demande pour alimenter un marché. En règle générale, l’offre en céréales est constituée d’une récolte annuelle par pays, dont la quantité et la qualité sont principalement influencées par les conditions météorologiques. Avec des millions de producteurs à travers le monde, la production est très atomisée. Les stratégies de ces derniers sont influencées par des facteurs locaux très variables entre les zones de production. En face, la demande est un facteur qui s’adapte peu à la production céréalière.

Une variabilité des prix plus marquée depuis 2006

Des variations annuelles sont possibles mais la demande mondiale est globalement en augmentation, en lien avec la croissance démographique. Les débouchés non alimentaires (biocarburants, biochimie) se révèlent être, selon les périodes, des facteurs d’équilibre du marché ou, à l’inverse, d’amplification de pénurie.

Jusqu’en 2006, les stocks mondiaux de céréales restaient suffisants pour absorber les variations de production et assurer leur rôle « tampon » entre l’offre et la demande. La campagne 2006-2007, caractérisée par une forte baisse de la production et des stocks céréaliers, associée à une demande mondiale en hausse, a marqué le début d’une plus forte instabilité des prix agricoles. Des baisses de production dans des pays importateurs, une croissance démographique et des modes de consommation qui évoluent, accentuent les échanges internationaux de céréales.

Des marchés sensibles à des faibles variations de production

La séparation géographique des bassins de production et de consommation des céréales génère des échanges, à l’origine de l’existence des prix mondiaux. Or, les volumes échangés représentent moins de 20 % de la production mondiale. Ainsi, une faible variation de cette dernière peut avoir un impact important sur les échanges internationaux. Dans les pays producteurs qui privilégient l’approvisionnement de leurs marchés intérieurs, toute baisse de leur production aboutit mécaniquement à une baisse des quantités exportables. Cela peut se traduire par une hausse des prix si les stocks mondiaux ne peuvent compenser cette baisse ou si la demande mondiale augmente.

L’année 2010 illustre bien ce phénomène. Une forte baisse de la production de blé en Russie (-20 Mt) a alors amené les autorités russes à approvisionner leur marché intérieur par le biais d’un embargo sur les exportations. Sur une production mondiale de 650 Mt de blé, la production russe ne représente qu’un pourcentage limité. Mais les 15 Mt habituellement fournies par la Russie ont pesé en proportion beaucoup plus importante sur les échanges mondiaux du blé qui s’élevaient alors à 130 Mt. D’où l’augmentation des prix constatée à l’été 2010.
Baptiste Dubois, Arvalis – Institut du végétal

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