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De la morphologie au Gaec du Breil Benoist

La génétique est une passion sur cet élevage depuis plusieurs décennies. La morphologie est avant tout recherchée, surtout sur la mamelle, poste essentiel pour faire du lait.

La visite du Gaec du Breil Benoist à Argentré du Plessis a suivi l’assemblée générale d’Holstiva, l’association des éleveurs Prim’Holstein d’Ille-et-Vilaine. Les passionnés de génétique ont pu observer un échantillon des 28 meilleurs animaux de l’élevage qui compte 120 vaches laitières. « Nous travaillons trois souches, dont une depuis 25 ans. Multipliée par transplantation embryonnaire, Breil Prescilia (Rudolph sur Southwind) en fait partie. C’est la fille d’I Rennes, une mère à taureau de l’élevage », précise Gwenaël Fouchet, un des quatre associés du Gaec qui est également président d’Holstiva depuis un an.

Le parc d’attente est divisé en deux, chaque vache restant ainsi dans son lot.
Le parc d’attente est divisé en deux, chaque vache restant ainsi dans son lot.

Index de morphologie parmi les meilleurs

« Nous recherchons de la morphologie, surtout sur la mamelle », souligne le producteur. Des objectifs qui se traduisent dans une excellente note globale de 83,4, et un index morphologie à + 1,20, parmi les 10 % meilleurs du département. Sur les jeunes vaches, il atteint même + 2,09. L’index mamelle est élevé, à + 0,97 (+ 1,71 chez les jeunes). L’index reproduction est supérieur à la moyenne d’Ille-et-Vilaine, à + 0,40. Des performances d’autant plus notables qu’elles ont accompagné un accroissement du troupeau sur un an, engendrant moins de réformes. « Nous privilégions l’auto-renouvellement. » Côté production laitière, l’élevage, présente sur la campagne 2015/16 une moyenne d’étable de 8 854 kg bruts, avec un TB de 40,2 et un TP de 31,6. « Nous avons toutefois été pénalisés par un maïs contenant des mycotoxines qui a également fait baisser le TP et entraîné des soucis en reproduction. »

Deux lots de vaches depuis 2006

Dès la création de la stabulation datant de 2006 (100 logettes + 130 places génisses), les producteurs ont fait le choix de conduire les vaches en deux lots : les fortes productrices qui sont complémentées au Dac depuis 3 – 4 ans, et les autres (fin de lactation…) ayant une ration moins concentrée. Ils disposent d’une mélangeuse depuis plusieurs années. Le parc d’attente de salle de traite est également divisé en deux, chaque vache restant ainsi dans son lot.

Une approche sanitaire différente, basée sur l’observation

Pour résoudre ce problème, les éleveurs utilisent des capteurs de mycotoxines dans l’alimentation. « Nous avons fait un flash, puis une cure journalière qui est aujourd’hui maintenue », explique le producteur qui est conseillé par la société Olitys (conseil en approche globale d’élevage) depuis cinq ans. « Avant d’investir dans des traitements ou compléments, nous essayons de comprendre la cause des problèmes en regardant le bâtiment, les animaux (poil, bouses, urines…), la qualité de l’eau, des fourrages… Nous faisons par exemple des analyses de lait qui nous donnent des informations sur l’état de santé du troupeau », souligne Rémy Cherel, directeur d’Olitys.

« Au départ, le Gaec a fait appel à nous pour des problèmes constants sur les veaux. Après audit, les vaches ont reçu des compléments nutritifs adaptés pour mieux digérer, gagner en santé et avoir des veaux plus toniques. Les veaux ont déménagé de la nurserie en intérieur pour aller dans des niches en extérieur. Des seaux avec tétine ont été mis en place, permettant une plus forte salivation et donc une meilleure digestion », note Fabrice Dujarrier, conseiller Olitys qui passe tous les mois sur l’élevage.

Moins de produits vétérinaires

« Aujourd’hui, les produits vétérinaires ont été diminués par deux sur les veaux. Nous ne les vaccinons plus et il n’y a plus de diarrhées », note Gwenaël Fouchet. Sur la dermatite, les experts ont trouvé une solution en apportant un complément à la vache qui permet de sélectionner les bonnes bactéries du lisier. Résultat : moins de place pour les champignons qui s’attaquent aux pieds des vaches. Suite à l’observation d’un comportement anormal du troupeau, un géobiologue est intervenu. Ce dernier a pu régler le problème de prise de terre qui perturbait l’accès au Dac récemment installé. « La circulation est redevenue normale du jour au lendemain. »

Deux élevages d’Ille-et-Vilaine à Colmar

Sur l’année écoulée, l’activité d’Holstiva a été placée sous le signe du dynamisme avec les nombreux concours auxquels ont participé les éleveurs : Space, Sia, Régional à Morlaix, Départemental. Et deux élevages (Franck Tual et EARL de la Grande Pommeraie, avec quatre vaches) et 28 personnes du département se sont déplacés à la Confrontation européenne de Colmar en juin dernier. La France y a terminé première dans les lots par pays.

A noter aussi que l’élevage de Françoise et Jean-Paul Bichon (Guérande – 44) est le naisseur de la Grande championne, de la réserve, et de la meilleure enchère de la vente européenne. La commission génétique d’Holstiva a également été très active, avec deux commandes de doses proposées sur un an aux adhérents, sur des taureaux se déclinant en sexé dans la mesure du possible. Au total, près de 4 000 doses commandées ont permis des économies sur les budgets reproduction des éleveurs. Holstiva a également innové avec un nouveau prix visant à récompenser l’élevage le plus complet (Isu, NG, TP, Repro…). Michel Sauvage, de Taillis, est le lauréat 2016.

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