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Observer les changements de couleur du colza

Difficile de prévoir une date de récolte de la crucifère à l’avance. Il convient de surveiller ses parcelles pour optimiser une culture qui présente un bon potentiel cette année.

Après une campagne qui s’est déroulée sans incidents majeurs, les colzas avancent tranquillement mais sûrement vers le stade de maturité. Les firmes semencières ont fait des progrès pour limiter les pertes par égrenage. Il convient cependant d’être attentif pour que les petites graines noires aillent bien dans la remorque et non au sol.

Les variétés récentes restent vertes longtemps

« Les pailles des variétés récentes restent plus vertes plus longtemps (résistance phoma, protection fongicide), il existe des disparités entre variétés. Il est alors important pour la culture du colza d’observer et d’attendre l’arrivée à maturité quand les siliques du bas ont changé de coloration. La maturité de la plante se produit du haut vers le bas », rappelle Nina Rabourdin, ingénieur recherche et développement à Terres Inovia. En cas de battage avec des siliques proches du sol encore vertes, les pertes à l’arrière de la moissonneuse seront importantes, alors que « les siliques du bas sont les plus productives, on peut ainsi gagner 1 à 2 q/ha en récoltant à bonne maturité des pailles de colza ».

Conséquences de récolte avec un végétal vert : des pertes de précieux quintaux, des pailles humides qui augmentent le taux d’impureté rendant le triage et le battage des siliques plus difficile. « À l’inverse, une surmaturité rend les siliques plus sensibles à l’éclatement au moment du battage donc plus sensibles aux pertes avant. En cas d’équipement avec une rallonge de coupe, la récolte est sécurisée et la coupe avancée gomme ce phénomène, pour un gain potentiel de rendement de 0,5 à 3 q/ha. L’équipement des machines devrait aujourd’hui être systématique car rapidement rentabilisé », conseille-t-elle.

Les yeux au ciel

Les récentes précipitations n’affectent pas la plante. Des différences normales sont à noter entre les bassins de productions, que l’on soit sur la région rennaise ou à la pointe du Finistère. « Un coup de chaud accélérera forcément la maturité. La Bretagne est peu touchée jusqu’à aujourd’hui par les maladies de fin de cycle. Nous avons globalement des parcelles présentant de beaux colzas. La floraison a été longue, et les quelques gelées enregistrées pendant cette période n’ont pas eu de fortes conséquences. Pas de stress hydrique durant les phases de croissance, seul le faible rayonnant de ce mois de juin peut légèrement ternir la finition.

Contrairement à d’autres régions françaises qui ont connu de fortes précipitations, la Bretagne a été épargnée par les maladies de fin de cycle. Les températures fraîches du printemps ont également eu raison des ravageurs ». De bon augure pour les producteurs. Même si l’accès dans les champs est rendu difficile par une végétation imposante, il est toujours intéressant de visiter ses parcelles pour estimer le rendement à venir.

« Pour cela, il faut compter le nombre de plants qui sont présents sur 1 m2 pour calculer le peuplement à l’hectare. Sur ces plants, on compte le nombre de siliques présentes. Ce chiffre renseigne sur le potentiel, qui sera limité à moins de 5 000 siliques par m2, acceptable entre 5 000 et 7 000 et optimale pour des valeurs supérieures à 8 000 », explique la spécialiste. Pour chiffrer le rendement, il suffit ensuite de multiplier le nombre de siliques par m2 par le nombre moyen de grains par siliques. Enfin, en prenant un poids de mille grains (PMG) moyen de 5 grammes, le tonnage par hectare se calcule.

Vers plus de colza l’année prochaine ?

Il est encore trop tôt pour dessiner la sole des producteurs de colza, mais une tendance semble se profiler : « Après une légère baisse cette année, des surfaces peuvent être reportées à l’année prochaine. Le bon comportement des colzas cette année peut pousser les producteurs à en semer à la fin de l’été, suite à la marge dégagée par la culture. Cependant, les surfaces de maïs risquent d’être supérieures en 2017 à cause des accidents de début de cycle connus. Le colza pourrait en pâtir », conclut Nina Rabourdin. La Bretagne s’apprête à récolter 37 300 ha cette année.

Exemple de calcul

Pour une parcelle, je trouve 7 000 siliques par m2, composées en moyenne de 15 grains.
7 000 x 15 = 105 000 grains par m2, soit 1,05 milliard de graines par hectare.
1,05 milliard x 5 (PMG moyen) / 1 000 = 5,25 millions de grammes par ha, soit 52 quintaux.

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