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Orge, colza : entre déception et satisfaction

2016, une année climatique chamboulée. Avec une succession d’événements inhabituels, les orges marquent le pas quand les colzas profitent de la situation. Retour et explications sur cette campagne mitigée.

L’orge a connu un cycle perturbé. Des semis précoces à  l’automne et les conditions climatiques atypiques ont conduit à un fort développement végétatif. Les sommes de températures de fin octobre à fin février ont été supérieures de 25 % à la moyenne, avec presque aucune température inférieure à 0°C. Jusqu’à fin décembre, la douceur a été accompagnée d’un faible niveau de précipitations. La pluviométrie du mois de janvier aura redressé la situation.

Une année difficile pour l’orge

Sur la Bretagne, ces conditions météorologiques particulières ont favorisé le désherbage d’automne (45 % des surfaces de céréales). Cette pratique a donné satisfaction et a permis un meilleur contrôle des adventices (notamment les résistantes).

Présents cet automne, les pucerons (Rhopalosiphum Padi), vecteur de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO), ont transmis cette maladie aux orges et aux blés. Pour les semences traitées Gaucho, un relais insecticide était nécessaire après le stade 5 feuilles (stade de fin de persistance de l’Imidaclopride), afin d’assurer la protection jusqu’au terme de la période de nuisibilité. Pour les autres parcelles, 2 traitements en végétation permettaient de contrôler ce ravageur. La nuisibilité a entraîné, dans les cas extrêmes, des retournements de parcelle. Les carences en manganèse ont été intenses dès l’automne. Là aussi dans les situations les plus touchées, un retournement de parcelles a été réalisé.

Le jaunissement des orges, sortie d’hiver, vous aura sans doute marqué. Cette décoloration est la conséquence d’une pluviométrie abondante, qui a retardé les apports d’azote sur des plantes déjà bien avancées en végétation. On pouvait parfois confondre ces symptômes avec ceux de la JNO.

Côté maladies, très tôt est apparu l’oïdium, nécessitant parfois une intervention spécifique. Du piétin échaudage a également été observé sur orge, en particulier en « seconde paille » sous les andains.  La rouille naine a fait son apparition sur des variétés sensibles. L’helminthosporiose et la rynchosporiose ont été peu présentes tout au long du cycle. Globalement, la pression maladie a été moyenne, soit une nuisibilité de 20 quintaux, proche de celle de 2015.

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Des résultats en baisse

Les températures froides de fin avril ont eu une incidence sur la fertilité des épis (perturbation de la méiose) de l’ordre de moins 10 % (moins de grains par épi). Le climat de fin mai à fin juin s’est traduit par  un excès d’eau et un très faible rayonnement, avec un manque de photosynthèse. Ce déficit d’ensoleillement a entraîné le développement de petits grains (faibles PMG : moins 10 %). L’accumulation de ces phénomènes explique la baisse générale des rendements en orge. En moyenne ceux-ci sont inférieurs de 8 à 20 quintaux par rapport à 2015 et inférieurs à la moyenne des 5 dernières années. Les poids spécifiques (PS) sont inférieurs de 3 à 5 points.

Les résultats ci-dessous sont le fruit de 12 essais menés par les techniciens et agriculteurs du réseau Triskalia sur l’ensemble de la Bretagne, ainsi qu’un essai en micro-parcelles. Les orges hybrides 6 rangs demeurent premières du classement, avec en moyenne 5 quintaux de mieux que les autogammes. Mangoo, comme l’année passée, s’installe en tête. Au-delà de son potentiel, son PS, proche de celui des 2 rangs, en fait une variété particulièrement intéressante. Domino, avec sa tolérance à la jaunisse nanisante de l’orge, s’en sort également bien, dans ce contexte de forte pression parasitaire. Attention toutefois à son PS un peu faible. Augusta et Maltesse, en 2 rangs, sont au rendez-vous. KWS Cassia est quant à elle un peu plus en retrait sur ce segment.

Colza, la bonne surprise

La plupart des colzas se sont très bien installés. Les températures douces ont favorisé la levée. La couverture du sol a été optimale rapidement. Le désherbage en a donc été simplifié. Après un traitement de prélevée, la culture a rapidement couvert le sol et limité de développement des adventices. Les quelques cas d’implantation plus difficiles ont favorisé les dégâts de ravageurs de début de cycle (limaces).

Les conditions climatiques de l’automne et de l’hiver n’ont pas permis un arrêt de végétation. Les biomasses étaient donc plutôt fortes en sortie d’hiver (en moyenne 2,2 kg, sur les 1 100 ha de colza dont la biomasse a été mesurée par drone, sur l’ensemble du territoire Triskalia).

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Pas d’accident particulier sur le printemps. La floraison et le remplissage se sont déroulés dans de bonnes conditions. Les insectes se sont faits rares, ne nécessitant pas ou peu d’interventions insecticides. Si les maladies ont été peu visibles, elles n’en restent pas moins nuisibles. Dans nos essais fongicides colzas, on note un gain de rendement de 7 quintaux avec un traitement fongicide. Cela n’est pas négligeable ! Les rendements sont bons, plus 5 quintaux par rapport à l’an dernier. Après la récolte de 5 essais, la tendance des résultats vous est présentée ci-dessous. DK Exception domine nettement le classement. Hourra et Alicante suivent. Andromeda, sur son créneau particulier, est performante dans les zones à hernie. Es Mambo, nouvelle lignée 2016, apporte 3 quintaux par rapport aux anciennes références lignées. Charlotte Carn & Philippe Lecuyer / Triskalia

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