Economie, marchés et gestion

Un meilleur équilibre mais des incertitudes en œuf

Les résultats des exploitations se sont redressés en 2015 en œufs standards (poules en cages). La conjoncture de l’année 2016 devrait bénéficier de la baisse du prix de l’aliment et d’un meilleur équilibre offre demande. Néanmoins des incertitudes demeurent notamment sur le choix du mode de production pour demain.

Le marché français de la production d’œufs est en légère surproduction en 2015. La consommation des ménages recule, alors que la production continue de progresser dans un contexte d’importations en hausse. La France est toujours le premier producteur en Europe en 2015 avec une progression de 0,8 %. Résultat : le cours des œufs reste bas depuis 3 ans malgré une petite hausse l’an dernier. En effet, la grippe aviaire au printemps 2015, aux États-Unis, a affecté la production américaine et entraîné la nécessité d’avoir recours à des importations européennes, d’où une reprise de la cotation TNO* de Rungis jusqu’en septembre. Après cet épisode, le retour à la normale de la production américaine a fait baisser les importations et les cours. Depuis fin 2015, la production fléchit et la cotation repart légèrement.

Remontée des marges brutes

Suite à la baisse du prix de l’aliment vers 245 € par tonne, la marge brute remonte à 4,13 €/poule en 2015 contre 3,60 € en 2014 (voir graphique). Cette baisse entraîne aussi un léger repli des prix d’achat des poulettes qui passe de 3,84 euros en 2014 à 3,68 euros dans les clôtures 2015. Au niveau des éleveurs, majoritairement sous contrat, les revenus s’améliorent en 2015 après un résultat proche de zéro en 2014. La trésorerie moyenne se redresse mais le taux d’endettement reste élevé à près de 81 % suite aux investissements élevés liés aux normes bien-être (cages aménagées) qui sont encore loin d’être amortis.

Fin 2015, l’arrivée de la grippe aviaire en France a entraîné la fermeture de nombreux marchés export pour les poules de réforme dont la valeur de reprise est proche de zéro en fin d’année. Ce manque à gagner sera surtout visible dans les clôtures de fin 2015 et 2016. Aujourd’hui, le marché se redresse légèrement à environ 10 cts d’€/kg (contre 20 cts d’€ /kg sur les 5 dernières années). Les producteurs devraient de nouveau bénéficier de la baisse du prix de l’aliment en 2016. L’aliment représente près de 60 % du coût de revient en 2015, hors alimentation des poulettes.

prix-oeuf-evolution

Choix du mode de production pour demain

Au-delà de la conjoncture qui semble s’éclaircir avec un meilleur équilibre offre demande, se pose la question du choix du mode de production pour demain. En effet, les œufs de code 3 issus de poules en cages, qui représentent plus de 60 % de la production, ont moins les faveurs des consommateurs qui se tournent davantage vers les œufs alternatifs. Cette tendance est aussi encouragée par la grande distribution (choix d’une grande enseigne de retirer les œufs de code 3 des rayons par exemple). En 2015-début 2016, malgré des prix de vente en baisse de 1,3 %, les achats des ménages se replient de 0,9 %. Les œufs issus de poules en cages reculent de 3,8 % malgré un prix de vente en retrait de 3,8 %. Les œufs alternatifs progressent (plein air : + 2,8 % et bio : + 10,5 %).

Les achats des ménages représentent 42 % de la consommation à parts égales avec les ovoproduits (41 %). La valorisation des œufs toutes qualités confondues passe sans doute par une segmentation selon les débouchés. Aujourd’hui, les cages aménagées sont loin d’être amorties. En termes d’investissements liés aux normes, les éleveurs ont besoin de lisibilité et surtout de période de pause pour dégager de la rentabilité. Le questionnement des producteurs est donc tout à fait légitime et doit s’accompagner d’une réflexion globale au niveau de toute la filière. Geneviève Audebet / Cerfrance Côtes d’Armor

Source : Panel Kantar Worldpanel cumul annuel mobile finissant le 20/03/2016.

*TNO : Tendance nationale officieuse du journal « Les Marchés ».

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer