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Fourrage : l’EARL de Légevin a misé sur l’herbe

De 8 500 kg par vache, avec 30 tonnes de soja achetées, à 5 400 kg en système tout herbe autonome, l’EARL de Légevin a changé de cap. L’éleveur et l’EBE s’en portent mieux.

En quelques années, les chemins, les points d’eau et les clôtures permanentes se sont multipliés sur les 90 hectares de la ferme de Légevin à Nostang (56). Tout a été pensé pour favoriser la production à l’herbe via le pâturage. Aujourd’hui, la sole comprend 67 hectares de prairies temporaires, 15 hectares de prairies permanentes (peu productives) et 8 hectares de méteil.

L'exploitation en chiffres
> 1,5 UTH, > 300 000 litres vendus, > 90 hectares, > 60 vaches, > Conversion bio en 2009.

Exit la quarantaine d’hectares de maïs et de triticale encore produits en 2007. Le maïs a été supprimé en 2013. « Les taupins et les corneilles ont eu raison de la culture. Les rendements étaient trop aléatoires depuis le passage en bio en 2009 », explique Jean-François Bréhaut.

La fétuque s’impose

Les 60 laitières disposent d’une trentaine d’hectares accessibles, à moins de 800 mètres de l’étable. Les parcelles consacrées au pâturage sont composées d’un mélange de RGA, de fétuque et de trèfle blanc. Les vaches pâturent de la mi-janvier à décembre dans des paddocks d’1,8 hectare et sortent jour et nuit dès la mi-mars.  Ces prairies sont resemées au bout de 7 à 10 ans. Les parcelles fauchées (3 fauches et un pâturage par les génisses ou les taries) sont constituées d’un mélange de ray-grass hybride, de fétuque, de trèfle violet et de trèfle blanc.

Leur rendement est estimé à 8 – 9 tonnes de matière sèche dans l’année, pendant 4 à 5 ans, avec une fertilisation de 12 tonnes de compost et un amendement de 2 tonnes de sable coquillier tous les 3 ans, par hectare. « La fétuque prend de plus en plus de place dans les mélanges ; elle produit mieux que le ray-grass ». Les fauches sont enrubannées ou fanées (pas d’ensilage). Le méteil a progressivement pris la place d’un mélange orge-pois. « Les rendements étaient trop variables selon les parcelles, de 25 à 50 quintaux par hectare. J’implante désormais un méteil que je fauche début juin ».

Rentabilité en hausse

Les laitières ont une ration composée de 2/3 d’herbe enrubannée et d’1/3 de foin en hiver, complétée par 2 kg de céréales achetées. Le coût alimentaire est inférieur à 50 €/1 000 litres. Chaque vache produit 5 400 kg en moyenne sur l’année, avec des taux TB et TP de 41 et 32. « J’achète aussi un peu de céréales pour les petites génisses ». Ensuite, ces génisses valorisent les prairies permanentes et ne vêlent qu’après 2 ans et demie, en automne.  Le taux de renouvellement est de 24 %.

L’éleveur insémine lui-même ses animaux. Le croisement à trois voies est la règle : holstein, montbéliardes et rouge suédoise. 35 % des inséminations sont réalisées en Bleu-Blanc, surtout pour les vêlages d’hiver, « afin d’éviter la pression sanitaire sur les veaux ». L’éleveur adhère à Solutis Emploi (groupement d’employeurs) et embauche un salarié à mi-temps. « En été, je travaille 40 heures par semaine et en hiver, 52 heures. Je prends 3 semaines de vacances chaque année et un weekend par mois », poursuit Jean-François Bréhaut, satisfait de son rythme de travail. Du côté de la rentabilité, les voyants sont au vert.

L’EBE (excédent brut d’exploitation) est passé de 60 000 € environ avant la conversion en bio, avec 440 000 litres vendus, à 86 000 € actuellement, pour 300 000 litres vendus à Biolait. Les objectifs de l’éleveur sont à ce niveau : continuer d’améliorer la gestion du pâturage et l’autonomie pour diminuer le temps de travail et gagner en efficacité économique. Il en parlera le 19 mai, lors d’une porte ouverte organisée par le groupement des agriculteurs biologiques.


Jean-François Bréhaut ouvre les portes de son élevage le jeudi 19 mai, à partir de 14 h.
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