Découvertes

Les crottins Bik Breizh se font un nom à Guerlédan

À Saint-Aignan (56), sur les rives du lac de Guerlédan, Gaëlle et Cédric Cail développent leurs ventes de fromages. Le troupeau de 40 chèvres va prochainement s’agrandir.

Installation, rénovation de la maison, formation, mariage, remise à niveau des terres, achat des premières biquettes, Gaëlle et Cédric Cail ont vécu l’année 2012 à cent à l’heure. Pas le temps de respirer. Quatre ans plus tard, le rythme de vie s’est un peu apaisé sur la ferme de Guerganne. La salle de traite est installée, le laboratoire de transformation engloutit des litres de lait, les fromages s’écoulent sur les marchés, Peggy, la truie rondouillarde, se délecte des sous-produits de la fromagerie et Fouad, le labrador intransigeant, veille au bon déroulement des opérations.

Gaëlle Cail dans son laboratoire de transformation.
Gaëlle Cail dans son laboratoire de transformation.

La petite entreprise s’apprête à passer un nouveau cap au mois de juillet prochain. Cédric, toujours responsable du magasin Triskalia de Plémet (22), rejoint son épouse pour se consacrer à l’activité de production. « C’est son projet, à l’origine, même si c’est moi qui me suis installée », s’amuse Gaëlle qui a quitté, il y a deux ans, son travail de salariée dans l’agro-alimentaire. Petit-fils d’agriculteur, Cédric n’a jamais perdu de vue l’exploitation familiale. « J’ai toujours souhaité m’installer et faire vivre cette ferme, mais, avec seulement une vingtaine d’hectares, les projets étaient limités ». Exit les bovins. Bienvenue aux chevrettes.

80 chèvres au pâturage

Gaëlle a suivi une formation agricole d’une année (BPREA), avec une spécialisation caprine et effectué des stages en élevages. Rien de trop pour rassurer les financeurs, réticents au départ, malgré un investissement raisonnable (60 000 €, hors foncier) et de l’autofinancement. « Quand on leur annonce qu’on veut produire et transformer du lait de chèvres… ». Le Crédit Mutuel de Bretagne a suivi. Le laboratoire, le matériel, le véhicule frigorifique et les animaux sont arrivés. La production a démarré, début 2015. « La vingtaine d’hectares d’herbe et les 3 hectares de méteil suffisent largement à nourrir les animaux. Notre objectif est d’atteindre 80 chèvres ».

Jusqu’à cette année, les laitières étaient confinées à l’étable. « C’était plus pratique et rassurant pour moi, seule sur l’élevage. Désormais, elles sortiront, au pâturage ». Un atout supplémentaire pour la vente à une clientèle de plus en plus soucieuse des conditions d’élevage. Les produits pourraient prochainement être estampillés bio. « Nous en sommes très proches mais nous n’avons pas encore franchi le pas. C’est dans la tête ! Je n’ai pourtant effectué aucun traitement antibiotique depuis mon installation, malgré la fragilité des chèvres ». Les concentrés, produits sur la ferme, sont donnés pendant la traite.

Brochettes et amuse-gueules

Le lait est transformé en fromages standards, frais, demi-secs et affinés, nature ou aromatisés. « Je fais aussi des préparations spéciales, selon les commandes. Des petits fromages aromatisés, pour l’apéritif, par exemple. C’est du boulot, mais ils sont bien valorisés ». L’installation de Cédric à temps plein permettra d’étoffer la gamme des produits. « Nous souhaitons travailler avec des traiteurs, sur des produits à haute valeur ajoutée – brochettes, amuse-gueules – et développer la production de yaourts ». Les idées ne manquent pas. Gaëlle souhaiterait, à moyen terme, accueillir des scolaires. Et plus tard, si les prévisions se confirment, embaucher un salarié. Pour y arriver, la petite ferme de Guerganne a quelques atouts à faire valoir : l’aspect terroir, une production durable et locale…

Écoles et magasins de producteurs

Le souhait de départ était de vendre à la ferme. « Les clients ne respectent pas toujours les horaires d’ouverture et quand ils viennent avec les enfants, il faut visiter l’élevage. C’est intéressant mais cela prend beaucoup de temps ». Les marchés, les vendredis et samedis, sont également chronophages, alors les jeunes éleveurs se tournent vers la vente en groupement de producteurs et ciblent les collectivités. « Nos produits sont disponibles dans deux magasins “La ruche qui dit oui”, à Bignan et Pontivy et nous approvisionnons la cuisine collective de Neuillac, qui dessert trois écoles voisines. Nous visons également les restaurants mais, jusqu’à présent, j’avais trop peu de temps pour démarcher ». Pour les salons, les marchés d’été et les fêtes locales, pas de problèmes… « Là, c’est nous qui sommes démarchés. Il n’y a pas d’élevages de chèvres, en vente directe, dans le secteur ».

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