Productions Agricoles

Du sable sur les logettes

Dominique Léo, producteur laitier au Cambout (22), souhaitait trouver une alternative à la paille pour la litière des logettes de ses vaches. Il a opté pour la dolomie du Poitou, un sable qui possède de nombreuses qualités. Reportage.

Des vaches sur du sable… Et pourquoi pas ? Si les Américains sont déjà adeptes, en Bretagne, cette litière n’est pas très répandue. Dominique Léo, producteur laitier au Cambout, près de Loudéac (22), a décidé de tester cette litière d’un nouveau genre. « Je cherchais une alternative à la paille pour faire des économies et assainir le bâtiment et les couloirs. J’ai lu un article sur la dolomie du Poitou et j’ai voulu essayer. » En octobre 2015, il commande à Triskalia un camion de 30 tonnes qu’il a utilisé pendant 5 mois pour réaliser la litière des 90 logettes, équipées d’un matelas en caoutchouc.

Que des avantages

« Je suis motivé pour continuer avec ce système, je n’y vois que des avantages pour l’instant » explique-t-il. « Sur le plan économique, c’est intéressant. J’ai 64 vaches actuellement, cela me coûte 11 centimes par jour et par vache, à raison de près de 3 kg par animal. Au niveau de l’ambiance du bâtiment, je sais d’ores et déjà que c’est plus sain que de la paille et les copeaux de bois que j’ajoutais à l’arrière de la logette et dans le couloir pour réduire l’humidité. Même en système robot, sur matelas, on doit faire face à des pertes de lait et donc du développement microbien. »

Assainir la logette

« Mon objectif est d’assainir la logette et je pense qu’elle est plus saine avec la Dollit qu’avec de la paille. J’espère qu’il y aura un impact sur les mammites et la dermatite. » La dolomie du Poitou est en effet un sable qui possède de nombreuses qualités. « Grâce à son pH élevé, entre 8 et 9,3, cette litière minérale permet de diminuer fortement la pression bactérienne » explique Pascal Picault, responsable d’Iribarren, la société qui extrait la dolomie du Poitou. En outre, elle capte l’ammoniac, ce qui permet d’améliorer l’ambiance dans le bâtiment l’été. La forte capacité d’absorption est au premier rang de ses atouts. « La Dollit sèche très vite, c’est impressionnant, même s’il y a de l’eau qui tombe dessus » commente le producteur.

Le producteur a gagné de la place de stockage également. Pour la première livraison, il a préféré stocker le sable dans un autre bâtiment pour une question d’aménagement. Mais pour la seconde livraison, il stockera directement la Dollit dans le couloir, ce qui diminuera les manipulations. « Actuellement, je charge tous les 10 jours les logettes en mettant 1,5 cm d’épaisseur de sable. Cela prend 1 h 30. En revanche, je passe régulièrement, 2 à 3 fois par jour, retirer les bouses, elles sont d’ailleurs plus visibles qu’avec la paille. »

Moins de volume d’effluents

L’éleveur a par ailleurs gagné sur le stockage d’effluents grâce à sa nouvelle litière. « Auparavant, pour éviter d’avoir l’arrière des logettes humides, j’ajoutais de la paille et le racleur hydraulique passait deux fois par jour. Aujourd’hui, c’est un racleur à corde qui passe toutes les deux heures, pour n’obtenir que du lisier. J’étais juste avant en capacité de stockage avec ce système de lisier et paille broyée. Cet hiver, c’est beaucoup mieux. Sans compter que sur le plan agronomique, je préfère avoir du Dollit dans mon lisier plutôt que des copeaux de bois » précise l’agriculteur. C’est là le 2e effet intéressant pour l’éleveur agronome : la dolomie du Poitou constitue un excellent amendement pour les terres agricoles. « Je devrais consommer environ 70 tonnes de Dollit par an. Il faut que je regarde de près, mais je pense que cela peut remplacer le chaulage » conclut l’éleveur.

L’avis de l’expert « Une litière et un amendement »

Comment peut-on définir la dolomie du Poitou ?

Il s’agit d’un sable dolomitique d’origine sédimentaire composé de carbonate double de calcium. Il n’existe que dans le Poitou sous sa forme pulvérulente, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une poudre à l’état brut. C’est un sable doux car il ne contient pas de silice, qui date d’il y a 170 millions d’années. Il n’est donc pas du tout agressif puisqu’il ne contient aucun petit caillou. La Dollit spéciale paillage est produite sans broyage, tamisée deux fois et stockée à l’abri toute l’année.

C’est aussi un amendement ?

Oui, effectivement, mélangé au lisier, il augmente son pH. On obtient donc un lisier amendant qui sera mieux valorisé par les plantes, car on observe un développement des bactéries nitrificatrices. Le phosphore et la potasse seront également mieux utilisés par les plantes. 800 kg de Dollit correspond à un ha de chaulage d’entretien.

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