L’hiver a laissé des traces

vincent-le-quellec-emmanuel-le-dantec-herve-conan-gilbert-brouder-chou-fleur-legume-production-legume-prix - Illustration L’hiver a laissé des traces

Les producteurs de légumes ont souffert des températures douces de ce début d’hiver. Les prix se sont effondrés, et ont des conséquences sur la campagne en cours.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « L’année 2015 s’est étalée sur 13 mois de production, puisque les variétés de janvier ont été récoltées en décembre. Le retard de 4,5 millions de têtes enregistré à fin octobre s’est finalement soldé par une avance de 14 millions de têtes par rapport aux prévisions du Cerafel », note Gilbert Brouder, président de l’Union des Coopératives de Paimpol et Tréguier (UCPT). Derrière cette quantité impressionnante de marchandise, des producteurs dans une situation très délicate, attachés à produire un légume de qualité qui ne trouve malheureusement que peu de débouchés. « Nous comptabilisons 12,7 millions d’invendus malgré l’expédition de 8,4 millions de têtes en surgélation ».

Suivre l’exemple belge

Emmanuel Le Dantec, producteur à Pleubian (22) et président de la commission chou-fleur à l’UCPT, s’est rendu en Belgique. « En 2014, la saison s’était terminée à la fin octobre. Cette année et à la même date, seulement 40 % de la production était écoulée ». Des volumes qui sont ensuite venus concurrencer un marché traditionnellement approvisionné par des légumes bretons. « Il est à noter que les consommateurs belges ont pour habitude d’acheter dans un premier temps leurs produits nationaux en cas de crise, et le Gouvernement pousse dans ce sens. Une habitude que l’on aimerait voir en France ».

Gilbert Brouder cite le plat pays en ce qui concerne la gestion des crises. « Notre fiscalité n’est pas adaptée. La Belgique est un des pays qui a mis en place un système de bas de laine disponible en cas de mauvaise année, chose impossible ici sous peine d’être réimposé. Notre Gouvernement doit proposer ces outils de réserve de trésorerie, car sans décisions, nous craignons la mort de la profession ».

Coup dur pour les jeunes

La crise que traversent les producteurs est d’autant plus difficile à subir pour les jeunes installés. « La perturbation du cycle de développement des choux nous conduit à couper des légumes de calibre moyen, moins payés. Les feuilles de la plante ont moins poussé et recouvrent mal la tête. Nous sommes obligés de les couper pour ne pas qu’ils jaunissent », se désole Vincent Le Quellec, jeune producteur, de Pleumeur-Gautier (22). Pour l’UCPT, le quart du chiffre d’affaires est réalisé par le chou-fleur. Un manque à gagner estimé à 10 millions d’euros pour cette campagne. Fanch Paranthoën


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article