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Zoomer sur les coûts pour avancer

La démarche Cap’Eco qui cible les coûts opérationnels permet de positionner son élevage par rapport à un référentiel breton. Le Gaec La Motte aux loups a réalisé deux diagnostics.

Regarder de plus près son coût alimentaire, ses frais vétérinaires et les autres charges d’élevage. Mettre en parallèle la productivité animale en lien avec la reproduction et les croissances pour obtenir des charges opérationnelles aux 100 kg vifs. Telle est la logique de Cap’Eco, diagnostic mis en œuvre notamment par Breizh bovins croissance avec un financement de FranceAgriMer. Le Gaec La Motte aux loups, près de Loudéac dans les Côtes d’Armor, fait partie des élevages ayant bénéficié de cette action, en rencontre individuelle sur deux années. « Cela nous permet de faire le point, de nous situer par rapport à la moyenne des élevages dans le même type de système et d’essayer d’avancer », note Dominique Cobigo, en charge du troupeau allaitant de 50 mères limousines. Un troupeau qui adhère à Breizh bovins croissance depuis 2010 et au herd-book Limousin depuis 2011.

L’exploitation :

  • 2 associés
  • 25 ha maïs
  • 25 ha céréales
  • 36 ha herbe
  • 18 ha de dérobées (RGI)

Atelier porc :

  • 160 truies naisseur engraisseur

1,08 veau sevré/vache présente

Du fait de coûts ajustés sans rogner sur la productivité, l’élevage maîtrise les charges opérationnelles à 90 €/100 kg vifs, contre 102 €/100 kg vifs pour les naisseurs limousins bretons (cas type de référence du réseau Inosys, suivi par les Chambres d’agriculture). Grâce à des réformes rapides, un intervalle vêlage-vêlage proche de 370 jours et un taux de mortalité de 0 % sur les deux exercices chiffrés, l’élevage affiche un nombre moyen de veaux sevrés/vache présente de 1,08. « Je réalise des échographies sur toutes les vaches. J’ai sélectionné sur les facilités de vêlage. Sur le dernier mois, les vaches gestantes sont par ailleurs rationnées », précise Dominique Cobigo qui conduit son troupeau en vêlage d’automne, d’août à octobre. « Cela concentre la surveillance sur quelques mois. Je suis équipé d’une caméra qui me permet d’observer les naissances et les chaleurs à distance. » Débutée en 2006 sur l’élevage, l’IA est privilégiée. Puis le taureau est intégré au troupeau à partir du 15 décembre, sauf sur les génisses qui sont dans un autre bâtiment.

Pour réduire l’âge au premier vêlage, actuellement à 36 mois, l’éleveur s’est posé la question du vêlage à 24 mois, « qui demanderait d’être irréprochable sur les croissances. À voir… » Et passer sur deux périodes de naissances ? « Cela modifierait beaucoup l’organisation… » Du côté des coûts, les frais vétérinaires sont maîtrisés dans un bâtiment bénéficiant d’une bonne ambiance, avec 10-11 m2 par couple mère/veau. « Je ne fais aucun vaccin. » Les vaches ne reçoivent pas d’aliment, elles sont nourries en hiver avec du maïs et un bon enrubannage. En bâtiment, les veaux vont dans un box équipé de nourrisseurs. « Je leur donne un mélange d’aliment spécial veaux et de blé. » Les producteurs sont autonomes en paille.

Une première étape

« Cap’Eco est une première étape qui peut mener à une analyse plus poussée des coûts de production, incluant les charges de structure et de main-d’œuvre », indique Christine Lamontagne, conseillère Breizh bovins croissance. Que ce soit en rencontres individuelles en 2013 et 2014, ou en groupes en 2015, ce sont au total une soixantaine d’élevages qui ont réalisé des diagnostics Cap’Eco à ce jour.

Les broutards ne sortent plus

Pour essayer de faire encore des économies sur le poste alimentation, le producteur a décidé de laisser les broutards mâles et leurs mères en bâtiment au printemps, avec des rations calées. « Cela m’a permis de gagner un mois à la vente : les broutards partent ainsi en mai. Et je n’ai pas à aller les chercher en parcelles… », argumente Dominique Cobigo qui affine sa conduite progressivement, depuis son installation en 2006. Il espère à l’avenir vendre des reproducteurs. Agnès Cussonneau

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