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Les JA emblavent une zone d’activité

Comme chaque année en novembre, dans le cadre du Mois du foncier agricole, les Jeunes Agriculteurs des Côtes d’Armor se sont mobilisés. Cette fois, ils se sont retrouvés, mardi 1er décembre sur la commune de Saint-Jouan-de-l’Isle pour interpeller les élus locaux en menant une action symbolique pour la préservation des terres agricoles. L’objectif était de sensibiliser les décideurs politiques en mettant en culture une parcelle inutilisée par la Communauté de Communes du Pays de Caulnes.

Les Jeunes Agriculteurs ont mené une action de labour et de semis de blé sur une parcelle d’1 hectare inutilisée depuis 7 ans
Les Jeunes Agriculteurs ont mené une action de labour et de semis de blé sur une parcelle d’1 hectare inutilisée depuis 7 ans sur la zone d’activité de Kergouët, à proximité de la RN 12 Saint-Brieuc – Rennes. Les bénéfices de la récolte qui aura lieu l’été prochain, seront reversés à une association.

26 m2 de foncier agricole avalés chaque seconde

« La terre est rare et précieuse, protégeons-la. Actuellement, la France perd 70 000 hectares de terrains agricoles chaque année, soit plus de 2 000 installations de jeunes agriculteurs empêchées », a rappelé en préambule Sébastien Rouault, président du syndicat. Damien Blanchard, responsable Foncier à JA 22, enfonçait le clou : « Cette érosion du foncier cultivable se fait en fait au rythme de 26 m² par seconde, soit l’équivalent d’un département agricole en moins tous les sept ans. Cette fuite en avant continue et s’accélère même. Il y a 10 ans, quand j’étais étudiant, on parlait de la perte d’un département tous les 10 ans. C’est d’autant plus triste que dans d’autres pays, les sols sont poussière et ne permettent pas de cultiver. Notre impression d’abondance n’existe pas partout… »

La bande marketing de pelouse bientôt cultivée

À l’heure où les jeunes s’apprêtaient à entrer dans la parcelle avec leurs tracteurs et outils attelés, Mickaël Chevalier, président de la Communauté de communes du Pays de Caulnes et conseiller départemental, expliquait : « Cette bande marketing d’un hectare a été gardée en pelouse en se disant que c’était plus vendeur qu’un champ de maïs si une entreprise prête à s’implanter se présentait. Mais nous espérions implanter de l’activité économique bien plus rapidement. Aujourd’hui, l’intervention des Jeunes Agriculteurs est justifiée. » Cette attente dure déjà depuis 7 ans, alors qu’il y a une charge d’entretien qui pèse du coup sur l’intercommunalité. Aux JA, l’élu a promis : « On va trouver rapidement une solution et contacter l’agriculteur qui cultive déjà le reste des surfaces encore libres de la zone. Nous signerons un nouveau bail précaire qui nous permet de garder la possibilité de récupérer le foncier dès qu’un client veut s’engager. »

Mickaël Chevalier assurait aussi que les élus sont aujourd’hui beaucoup plus sensibles à la question de la disparition de la terre agricole : « Chaque collectivité a revu ses ambitions à la baisse ou arrête de geler des surfaces sans une notion de dynamique concrète en face. Le Préfet a validé le Scot qui nous oblige désormais à être extrêmement vigilants sur la consommation foncière pour l’habitat ou le développement économique… »

La perte de foncier exacerbe la concurrence

Et Sébastien Rouault de rappeler le point de vue du syndicat : « La question du foncier est préoccupante en agriculture. C’est le principal outil de travail mais sa rareté constitue depuis un certain temps un frein à l’installation et entraîne une mise en concurrence des agriculteurs entre eux ainsi qu’avec d’autres secteurs d’activité. » Outre l’artificialisation des terres liée aux besoins d’urbanisation, certains terrains sont devenus des friches ou sont inexploités. « Ces terres agricoles sont nécessaires à l’indépendance alimentaire de la France, mais également au dynamisme des territoires et au maintien de la biodiversité. » Toma Dagorn

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