Côtes d'ArmorPolitique et Syndicalisme

Le marché intérieur doit rémunérer le producteur

Pour récupérer de la valeur auprès de l’aval, la FNPL prépare une charte laitière tripartite.

La FNPL continue de s’appuyer sur le postulat que « la valeur ajoutée du marché intérieur doit aller jusqu’au producteur », a rappelé Guillaume Bourge, animateur à la FRSEA Ouest, lors de la section laitière du 8 décembre à Plérin. Depuis un an et demi, cela s’est traduit par de nombreuses actions : « travail de sensibilisation et de lobbying, édition de communiqués de presse sur l’impact de l’embargo russe, l’enjeu des négociations commerciales entre GMS et entreprises, l’enfoncement dans la crise… Sans oublier les multiples rendez-vous à Bruxelles et avec la distribution, les transformateurs et les OP. » Des efforts bien sûr relayés par la base à travers « la mobilisation syndicale forte durant tout l’été pour mettre la pression sur l’aval en portant la clause de survie auprès des distributeurs, des privés et coopératives » pour souligner l’urgence d’une revalorisation du prix du lait.

Les signaux de marché ne s’améliorent pas encore

Mais si, suite à la table ronde du 24 juillet 2015 initiée par le ministre, transformateurs et GMS ont pris des engagements, à l’heure actuelle, les cours laitiers sont extrêmement dégradés avec des prix de base en dessous des 300 € / 1 000 L en décembre. « Et les signaux de marchés ne s’améliorent pas encore. Pour 2016, les enjeux restent les mêmes qu’en 2015, c’est-à-dire récupérer de la valeur sur le prix du lait », a poursuivi Guillaume Bourge. « Car la FNPL constate que le compte n’y est pas sur la revalorisation du prix du lait. » Pour l’organisation, il faut « maintenir et conforter le deal avec la grande distribution. Force est de constater que celle-ci trouve un intérêt à jouer le jeu de la communication positive et de la fin de la guerre des prix. » Et Hervé Moël, président de la section laitière de la FDSEA, d’ajouter : « Certains transformateurs n’ont, à ce jour, pas compris qu’ils ne gagneraient pas sur les deux tableaux en minorant le prix payé aux producteurs, tout en pensant que la grande distribution n’en profitera pas, notamment dans les futures négociations commerciales de 2016… »

Les JA travaillent SUR L’assurance revenu

« Les Jeunes Agriculteurs de Bretagne et des Pays de Loire travaillent sur un modèle d’assurance revenu, un peu à l’image du Farm Bill aux États-Unis, pour assurer le maintien des marges sur les 5 années suivant l’installation. Nous nous appuyons notamment sur le « prix simulé » calculé depuis 2 ans par France Agrimer : il correspond au prix de base du lait nécessaire pour assurer au producteur le même résultat que les 19 500 € dégagés en moyenne par une ferme laitière en 2005 », explique  José Jaglin, JA 22. « En avril 2015, par exemple, il aurait fallu 380 € / 1 000 L pour obtenir cette rentabilité. Or le prix moyen sur le terrain était de 314 €.» Si le mécanisme assurantiel semble établi, reste à savoir comment il serait financé : retenue sur les paiements, co-financement public, participation des laiteries sensibles à la fragilité des jeunes installés.

La FNPL planche sur une charte laitière

« Si l’application du principe de transparence est obligatoire dans l’économie libérale dite de marché », chaque réunion ou manifestation souligne l’opacité de certains maillons de la filière. « À la FNPL, on veut récupérer directement ce qui nous revient en conditionnant ce retour à des engagements visant à obtenir une valorisation du lait rémunératrice », a détaillé Hervé Moël. Cette création d’une chaîne alimentaire de valeurs économiques, morales (moralisation des relations commerciales) et territoriales (emploi, origine, diversité) devrait s’appuyer sur « une charte laitière négociée au niveau national qui doit se décliner ensuite au niveau d’opérateurs économiques volontaires. La base de départ étant le maintien des tarifs pour 2016 pour les entreprises signataires qui s’engagent sur une juste répartition de la valeur du lait. »

La formalisation de cette charte laitière, « un contrat tripartite producteurs-transformateurs-distributeurs », est attendue au 15 janvier, « soit à un peu plus d’un mois de la fin des négociations commerciales sur les produits de marques ». Mais pour que le projet aboutisse, Hervé Moël a rappelé la nécessaire implication de l’ensemble du réseau à travers « des opérations de vigilance en GMS sur les promotions, des actions de relevés de prix et de vérification de l’origine des produits, ainsi que la promotion de la démarche à partir de support de communication. » Cette pression liée au contexte de la négociation devrait « inciter les opérateurs économiques à signer cette charte… » Toma Dagorn

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