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La production de fourrage, moteur de l’éleveur

Conversion, coût alimentaire ou changement des pratiques pour alimenter la réflexion sur un passage en production laitière biologique, le Gab 29 et les syndicats de bassin versant ont organisé plusieurs soirées d’échanges sur le département.

Dans un contexte laitier particulièrement difficile, la conversion vers une production biologique peut s’entendre, à conditions de respecter certains fondamentaux. « Le passage en bio ne peut pas se faire dans tous les cas. La trésorerie de l’exploitation doit être saine, le système pâturant doit dominer », introduit Marie Navas, technicienne en élevages biologiques au sein du Groupement des agriculteurs biologiques (Gab), lors d’une soirée d’échanges à Morlaix. Concernant la production d’herbe, Jérôme Le Pape, du Gab 29 rappelle que « le territoire dispose d’une production intéressante. À cela s’ajoute la demande des consommateurs : la vente de denrées bio augmente respectivement de 4,1 % en lait et de 7,8 % en fromage ». Le marché est là, la technicité des éleveurs aussi.

14 fermes suivies

Pour illustrer sa présentation, Marie Navas s’appuie sur une étude portant sur le suivi de 14 exploitations passées en production biologique en 2009. « Ces fermes sont dispatchées sur tout le territoire, et assurent le débouché de leur production en circuit long. La part de la surface fourragère principale a augmenté durant ces 5 années, passant de 77 à 93 %. Ce seuil de 7 à 8 % de maïs dans la ration est à ne pas dépasser pour enrichir les rotations, et surtout pour limiter les apports de correcteurs azotés, avec un soja biologique à  900 €/tonne ». Dans ces exploitations, le pâturage non optimisé et des rations riches en maïs étaient appliqués avant conversion. Les différents éleveurs ont opté pour 3 stratégies fourragères différentes : beaucoup de pâture, beaucoup de stock, ou enfin un affouragement en vert à hauteur de 30 % par an. « Dans tous les cas, les exploitations ont perdu en volume de production laitière. Il faut d’ailleurs, plutôt que de penser production par vache, réfléchir au potentiel de production de fourrage de l’exploitation. Un des indicateurs solides est représenté par le nombre de litres de lait produit à l’hectare, en moyenne de 4 000 », chiffre la technicienne. Dans les 3 stratégies choisies, « le succès était au rendez-vous. L’autonomie de l’exploitation a été renforcée. La production de lait bio peut s’envisager selon différentes approches ».

Un témoignage concret

Pierre Quéniat est installé en Gaec avec son père à Guerlesquin depuis 2007. « Je suis passé de 15 ha de maïs à 4 pendant la conversion. Aujourd’hui les vaches sont exclusivement nourries à l’herbe, grâce à l’unité de séchage en grange. Pour ma part, c’est la deuxième année de conversion qui a été la plus difficile : le lait n’est pas valorisé en bio, la part de maïs avait fortement diminué », témoigne le jeune éleveur. « Les 60 vaches ont 60 ha accessibles. Je ne souhaite pas augmenter le cheptel, ce qui m’obligerait à augmenter le chargement à l’hectare, et ainsi sur-pâturer ». D’autres éleveurs présents témoignent de la technicité de la production d’herbe, ainsi qu’au coût d’achat des intrants. « Attention aux conversions démarrées qui n’ont pas abouti », note un éleveur. Le passage en bio n’est en effet pas une solution de sauvetage de l’outil de travail, mais une conception à laquelle il faut être bien préparé. Le Gab propose des prédiagnostics pour aide l’agriculteur dans ses choix. Fanch Paranthoën

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