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Alternatives aux antibiotiques

Les huiles essentielles limitent les diarrhées

Au centre de formation de Canappeville (27), les effets de la phytothérapie ont été mesurés sur les diarrhées colibacillaires en post-sevrage. Elle est désormais utilisée en routine.

« Nous avons commencé l’utilisation des huiles essentielles en post-sevrage à l’initiative de notre vétérinaire Pierre Nyssen et du laboratoire Phytosynthèse qui cherchaient un élevage pour conduire un essai grandeur nature », indique Hervé Allouchery, responsable de l’élevage de 280 truies, conduites en 10 bandes (sevrage à 28 jours). « L’élevage était sensible à la colibacillose et à l’infection aux streptocoques depuis plusieurs années. De ce fait, nous utilisions un aliment premier âge médicamenteux supplémenté en colistine et en amoxicilline. Cet aliment était distribué pendant 12 jours.

Les produits de phytothérapie sont incorporés à l'aliment (2e âge) ou à l'eau de boisson (1er âge)
Les produits de phytothérapie sont incorporés à l’aliment (2e âge) ou à l’eau de boisson (1er âge).

Malgré cela, les épisodes de diarrhées et de streptocoques étaient fréquents après l’arrêt de la supplémentation et nous conduisaient à pratiquer des traitements épisodiques de 3 à 4 jours selon les bandes ». Des précautions étaient prises pour limiter les risques, notamment l’utilisation d’une formule deuxième âge sécurisée. Les résultats techniques du post-sevrage étaient satisfaisants, (respectivement 520 g de GMQ, 1,67 d’IC et 1,6 % de pertes). « C’est l’utilisation élevée d’antibiotiques qui expliquaient en partie ces performances ». Après quelques difficultés liées à l’adaptation du protocole d’utilisation des produits de Phytosynthèse, la phytothérapie a été adoptée et les antibiotiques supprimés.

Gains économiques

  • La suppression de la supplémentation de l’aliment premier âge dont le coût était de 0,45 euro par porcelet.
  • S’ajoute le montant des traitements curatifs estimés à 0,10 euro.
  • La différence de prix entre l’aliment fabriqué et le prix de l’aliment acheté peut être estimée à 50 euros par tonne, soit 0,25 euro par animal.
  • Une baisse des pertes en post-sevrage de 0,5 % peut être retenue. Cela représente pour l’élevage 30 porcelets sortis de post-sevrage et 1 500 euros de perte en moins, soit 0,25 euro par porc sorti.
  • Enfin, l’amélioration de l’IC de 0,1 point sur la période de post-sevrage permet une économie d’environ 0,5 euro. Au total, les améliorations économiques peuvent être estimées à 1,55 euro à mettre en comparaison au 0,82 euro de coût de la supplémentation en huiles essentielles. Le gain pour l’élevage est donc compris entre 0,5 et 1 euro par porcelet produit soit 3 000 à 6 500 euros par an.

Bilan positif

Les performances sanitaires et  techniques sont d’un bon niveau. « Attention, l’utilisation de la phytothérapie nécessite une autre rigueur que l’utilisation des antibiotiques en préventif. Nous contrôlons et relevons les consommations d’eau et de produits très régulièrement pour anticiper les problèmes de refus de boisson. Par ailleurs, il faut être attentif à l’état général des animaux et être prêt à intervenir pour traiter un individu ou une case. Nous traitons de temps en temps une ou plusieurs cases à la colistine contre les diarrhées colibacillaires ».

Colifit B et le Colifit C

Le Colifit B se présente sous forme liquide et contient des huiles essentielles parmi lesquelles on retrouve entre autres, l’eucalyptus et le thym. Il est incorporé à l’eau de boisson. Le Colifit C est sous forme de poudre car il contient des huiles essentielles et des extraits végétaux. L’incorporation ne pose pas de problèmes d’appétence à ces dosages.

Ce sont des traitements de 3 jours à la pompe doseuse. Les traitements collectifs contre les infections à streptocoques ont cessé. Seuls quelques animaux sont traités par injection. Le bilan est positif . « La suppression de l’antibio-prophylaxie est satisfaisante. Les croissances sont identiques et l’indice de consommation s’est amélioré de 0,1 point avec le changement de formule d’aliment. La maîtrise du streptocoque est plus simple. Cela nous a aussi donné la possibilité de fabriquer notre aliment premier âge ». Bernard Laurent

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