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Les performances maternelles récompensées

Jean-Louis Hervagault et son conseiller Jean-Joseph Bercegeay, sont les gagnants du 1er Challenge Eilyps viande. L’élevage se distingue notamment en reproduction et génétique.

Dans ce concours, ce sont les élevages qui sont mis en avant, leur potentiel économique. « Le but est de récompenser le tandem éleveur / conseiller. C’est un duo gagnant-gagnant, je récolte les résultats et lui est reconnu pour son travail », explique Jean-Louis Hervagault, éleveur vainqueur de la première édition du Challenge Eilyps viande en 2015 avec son conseiller Jean-Joseph Bercegeay qui le suit depuis la mise en place de la race Salers et du VA 4* sur l’exploitation en 1989. « Dans cette catégorie, tous les éleveurs Eilyps en VA4 et en races pures ont concouru, soit 60 % des adhérents bovins viande. Plus de 70 participants ont été départagés sur quatre critères : le taux de productivité, l’âge au vêlage, l’IVV (intervalle vêlage-vêlage) et l’IVmat », précise Gérard Guillaume, animateur viande à Eilyps. Des critères qui permettent de réduire les UGB improductifs sur l’exploitation, et de s’adapter à la nouvelle Pac qui réduit fortement les aides sur de nombreux troupeaux de l’Ouest.

368 jours d’intervalle vêlage-vêlage

Le système naisseur-engraisseur de Jean-Louis Hervagault compte 100 vaches allaitantes Salers, plus la suite. Alors que l’IVV moyen était situé à 386 jours sur la campagne 2013/2014 (prise en compte pour le concours), ce critère est abaissé à 368 jours sur l’EARL Hervagault. « L’objectif est d’un veau par vache et par an. La Salers est intéressante sur ce point, elle revient rapidement en chaleur », note Jean-Joseph Bercegeay. Autre critère d’excellent niveau sur l’exploitation, le taux de productivité (nombre de veaux sevrés par vache présente) est de 107 %, alors que la moyenne se situe à 93 %. « La mortalité est faible, à 2,7 %, et l’élevage a eu quelques jumeaux. Les échographies permettent de mettre rapidement à la réforme des vaches vides ou qui décalent. » Par ailleurs, 98,7 % des vêlages se passent sans aide pour les multipares, et 91,4 % pour les primipares.

5 à 6 lots de femelles

Environ 250 animaux sont présents sur l’EARL Hervagault situé à Pocé-les-Bois (35). Autour de 45 taurillons sont vendus annuellement, plus 2 à 3 reproducteurs mâles. Des femelles sont également cédées pour la reproduction. L’éleveur pratique par ailleurs la vente directe depuis 2000. La SAU de 71 ha comprend 49 ha d’herbe (2/3 en dactyle + TB, 1/3 en RGA/TB), 15 ha de maïs ensilage, 3,5 ha de luzerne déshydratée et 3,5 ha d’orge autoconsommé. Le système est conduit de manière intensive avec beaucoup d’herbe. « Tous les animaux en reçoivent, y compris les taurillons qui ont de l’herbe ensilée ou enrubannée dans leurs rations », précise Jean-Louis Hervagault. Les 5 à 6 lots de femelles sont conduits en paddocks avec fil avancé quotidiennement. « Cela permet de détecter rapidement les animaux qui ont des problèmes. » La production de viande vive sur l’exploitation atteint 54,4 t pour 1 UTH (chiffre calculé à partir du logiciel Cap’Eco).

Des vêlages à 24 mois

Jean-Louis Hervagault pratique le vêlage à 30 mois depuis plus de 15 ans, avec des naissances réparties équitablement sur deux périodes : du 15 janvier au 15 mars et du 20 août au 20 novembre. Depuis un an et demi, l’éleveur travaille sur des vêlages à 24 mois. Sur la dernière campagne, 75 % des génisses y sont parvenues. « Mais attention, cette pratique ne s’improvise pas. Les génisses doivent peser plus de 450 kg à l’IA à 15 mois. Elles font souvent 480 – 520 kg. Les génisses sont aujourd’hui pesées et triées sur l’élevage », souligne Jean-Joseph Bercegeay qui recommande dans un premier temps des vêlages à 30 mois.

Quatrième critère pris en compte dans le concours, l’Ivmat indique la valeur génétique maternelle du troupeau. Il est de 106,2 sur l’EARL Hervagault, contre 99,3 en moyenne toutes races. « Nous trions aussi les vaches en fonction de leurs index », précise l’éleveur qui affiche un taux de renouvellement de 31 %. « Nous avons beaucoup travaillé sur les pis et le lait. Aujourd’hui, les veaux ne reçoivent plus aucun concentré sous la mère. » « Au lancement de la race Salers, j’avais acheté des animaux très variés venant du berceau, des vaches de 3 à 18 ans. L’objectif a été de faire du tri, de sélectionner sur le lait et la croissance du veau », explique Jean-Louis Hervagault. Introduite depuis 10 ans, l’IA est réalisée sur toutes les génisses.

Des objectifs progressifs

Les veaux, les taurillons et les génisses sont donc tous pesés sur l’élevage lors de 4 visites annuelles. « Je n’ai jamais perçu le contrôle de performances et les conseils d’Eilyps comme une charge, mais comme un investissement. Le technicien est associé à chaque décision importante sur l’élevage (contention, bâtiment, orientation de système…). On se donne des objectifs progressifs. Pour moi, l’œil extérieur du technicien et ses conseils sont indispensables, à condition de les appliquer, de se remettre en cause pour avancer. Il faut aussi savoir mettre les chiffres sur la table pour savoir quels leviers actionner en priorité. » Agnès Cussonneau

* VA 4 : contrôle de performances avec pesée et pointage des veaux pour déterminer une valeur génétique.

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