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Prim’Holstein : Bonnes pattes et belles mamelles pour voyager loin

A l’EARL David à Pipriac (35), le rameau Neige, fille de Gibbon, concerne aujourd’hui la moitié du cheptel. C’est de cette famille que sont issues la majorité des vaches sorties en concours.

Maryvonne et Arsène David se sont installés à Pipriac (35) en 1981. À l’époque, ils apprécient sortir des vaches aux comices et aux départementaux. Avant de laisser les concours de côté à partir de 1994. Pour les éleveurs brétilliens, ce n’est que partie remise. L’un de leur fils, Sébastien, suit des études agricoles en BTS au lycée de Montfort-sur-Meu. Le parcours de celui-ci l’amène à découvrir une autre agriculture au Canada. Il effectue six mois de stage chez Claude Grisé à Drummondville au Québec. Déjà passionné de vaches, le jeune homme revient complètement mordu de sélection. « J’ai vite compris que dans les étables, ils n’avaient pas les mêmes animaux que nous… », raconte-t-il. À son retour, diplôme en poche, il est rapidement embauché par Semex pour commercialiser une génétique pour laquelle il craque désormais.

Une première sortie catastrophique à Paris

Parallèlement, dès 1999, Sébastien s’investit davantage dans les accouplements du troupeau familial. « À l’époque, nous avons créé le préfixe DHP pour David Holstein Pipriac. » Il se met également à préparer les vaches d’autres éleveurs pour les concours… Mais c’est seulement une décennie plus tard, en 2009, qu’il a l’occasion de présenter une vache du cheptel maison. « Elle s’appelait DHP Biarnès, une superbe fille de Goldwyn avec du caractère. Sur le ring de la capitale, elle s’est avérée incontrôlable, j’ai dû sortir dans un coin au cours du défilé de la section… », raconte le trentenaire. Au retour du Salon, cette vache issue d’une bonne lignée est aussitôt collectée pour tâcher d’obtenir des femelles présentant ses qualités morphologiques.

Deux jolis numéros de clones
Suite à son Prix de réserve championne adulte au Space en 2014, l’EARL David a eu de la demande pour des produits de DHP Eliza (Xacobéo x Goldwyn). Collectée par Doorman, un seul embryon a été obtenu. « Nous étions déçus », raconte Sébastien David. « Heureusement, Jean-François Rouault et Pierrick Reboux, les techniciens de l’équipe de transfert embryonnaire Gènes Diffusion, ont constaté que cet embryon était de bonne qualité et pris l’option de le scinder en deux pour augmenter les chances d’avoir une femelle… Et nous avons eu le bonheur d’en avoir deux ! » Nées à un jour d’intervalle, ces deux génisses (actuellement gestantes d’Impression et Windbrook) viennent de fêter leurs deux ans. Il est assez impressionnant de les observer à la pâture : non seulement leurs robes sont proches et certaines tâches presqu’identiques, mais elles sont inséparables dans le lot et souvent placées côte à côte, dans la même position.

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Un rameau béni

D’ailleurs, aujourd’hui, les descendantes de ce rameau, issu de la tête de souche Neige (Gibbon x Dannix) il y a 20 ans, représentent au moins la moitié du cheptel actuel. Cette famille a également produit des taureaux comme Tolbiac (Saturn x Jocko) ou Umbroglio (Morty x Lorak) sortis au catalogue ou une vache à plus de 100 000 kg de lait en carrière comme Union (Morty x Lorak). Rien d’étonnant donc à ce que les animaux de l’EARL David remarqués sur les rings en soient issus. C’est bien sûr le cas de DHP Eliza (Xacobéo x Goldwyn), fille de l’agitée Biarnès, qui a brillé très fort au Space en 2014 : 1re place de section puis Prix de réserve championne adulte derrière Carmen OTS, la fameuse vache de Seine-Maritime sacrée à Paris et Rennes… « C’est notre plus belle performance dans un championnat », livre Sébastien David dont on se rappelle encore toute l’émotion au moment de mener sa vache sur le podium rennais… En 2017, Eliza a refait parler d’elle : Meilleure mamelle au Départemental d’Ille-et-Vilaine.

Mais, cette fois, la représentante du rameau Neige au parc des expositions en septembre sera DHP Dellia (Pagewire x Shottle). Cette vache en 7e lactation est pointée excellente 92 points. Pour la petite histoire (de famille), sa mère DHP Bernod EX 91 (Shottle x Lounge) était une sœur de Biarnès. « Délia ne fait pas son âge. Malgré sa carrière, son état de conservation renvoie beaucoup de jeunesse. Son pis ressemble à celui d’une 3e veau… », apprécient les membres de la famille David qui ont déjà vécu de belles aventures grâce à elle. « Dellia et sa mère Bernod ont remporté quatre fois de suite le prix du couple mère – fille au Départemental d’Ille-et-Vilaine. »

Joker, l’autre atout de l’élevage

Joker (Chelios x Windbrook) présente sa mamelle au naturel.
Joker (Chelios x Windbrook) présente sa mamelle au naturel.

Au Space, DHP Joker (Chelios x Windbrook) sera l’autre porte-étendard de l’EARL. « Cette primipare a été pointée 88 points en note globale, 88 en format, 89 en mamelle, 88 en solidité laitière et 85 points en membres… » Il faut dire qu’elle a de qui tenir : sa mère Gold (Windbrook) était classée EX 90, son arrière-grand-mère Betty (Shottle) EX 91, elle-même fille d’Union (une Morty dont on a parlé précédemment) EX 91… « Du lait, du format, une très bonne mamelle et trois ascendantes excellentes dans le pedrigee… Nous aimons beaucoup ce type de femelle. » Hors de forme à l’heure de fouler le ring du Régional de Saint-Brieuc en mai dernier, ses propriétaires espèrent que Joker sera, cette fois, en pleine possession de ses moyens à Rennes.

Les vieux taureaux toujours d’actualité
Actuellement, le troupeau compte six vaches pointées excellentes et sa note globale atteint 86,6. Parmi les 45 laitières, ce sont les filles des taureaux Seaver, Fever, Brawler et Windbrook qui sont les plus nombreuses. À l’heure des accouplements, les index prioritaires de la famille David sont « mamelle, cellules, membres, longévité et taux encore plus maintenant qu’on peut faire du TB sans pénalité ».

Objectif : plutôt de petites vaches complètes avec de bons pis. Les taureaux du moment à l’EARL sont Chelios, Seaver, Impression, Control, Windbrook, High Octane, Doorman et ses fils comme Jenix, Fitz, Endure et Cinderdoor… « Dans cette liste, il n’y a pas que des nouveautés. D’abord, nous avons encore quelques doses de Goldwyn… Ensuite, je reste très méfiant vis-à-vis des taureaux génomiques, même si la fiabilité du système s’améliore. Nous utilisons essentiellement des mâles confirmés. Les seuls génomiques pour lesquels nous optons parfois sont issus de grandes familles, comme les fils de Doorman par exemple », détaille Sébastien David.

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