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Boudin de maïs au menu des laitières

Meilleure qualité du lait, facilité de travail, moins de surface de maïs pour nourrir son troupeau… Depuis qu’ Yves-Marie Le Cozannet a décidé de mettre son ensilage de maïs en boudins plutôt qu’au silo, il n’y trouve que des avantages.

« C’est la troisième année, que je stocke mes 15 ha de maïs ensilage en boudins. L’an dernier et pour la première fois en 30 ans de carrière, j’ai vendu du maïs : l’équivalent de 4 ha de stock en boudin et 2,4 ha sur pied », témoigne Yves-Marie Le Cozannet, producteur laitier à Minihy-Tréguier (22). Inutile de lui demander s’il est convaincu par cette technique puisque l’éleveur a fait des pieds et des mains pour que son entrepreneur de travaux agricoles investisse 130 000 € dans cette boudineuse. « Mon ancien silo à maïs était mal dimensionné par rapport à mon troupeau de 30 vaches de race Pie Rouge. Il était trop large et trop haut. On n’avançait pas assez vite dans le tas ce qui engendrait énormément de pertes. Pour compenser et par sécurité, je mettais plus de maïs, environ 18 ha alors qu’il me fallait autour de 15 ha. Aujourd’hui, cette surface que je mettais en plus me sert à cultiver des céréales à paille.

Des répercussions sur la qualité du lait

« Le passage au maïs ensilage en boudin a eu des répercussions sur la qualité du lait, indique Yvon Chapelain, technicien d’élevage à BCEL Ouest. Cette technique améliore la qualité de conservation de l’ensilage. « On obtient un tassage homogène et je constate qu’il n’y a plus de moisissures ce qui n’est pas toujours le cas avec un silo classique ou les pertes sont en moyenne de 13 % », constate Yves-Marie Le Cozannet. Malgré un surcoût de chantier estimé entre 300 et 350 €/ha, les avantages sont nombreux et la technique s’amortit (voir calcul amortissement du boudin). « Le boudin permet une fermentation et une acidification rapide. Il y a peu d’intervention au silo qui est vite fermé. Pas besoin d’enlever des pneus, de la terre ou autre lors de la reprise. Je constate moins de pertes au tas et de très bonnes valeurs en acides acétiques et lactiques. Si on compare à une taupinière, tout l’ensilage est enveloppé et donc protégé, c’est donc aussi moins de risques de butyriques », explique le technicien.

Tout l’ensilage de maïs en boudins

« Yves-Marie Le Cozannet est pour le moment notre seul client à faire tout son maïs ensilage en boudins. Chez les autres, la boudineuse fait plutôt tampon au tas pour éviter d’avoir une taupinière à faire lorsque le silo est trop petit. Cela permet aussi de bien tasser le tas lorsque plusieurs remorques arrivent en même temps. Il faut environ 3 minutes pour mettre en boudin le volume apporté par une remorque de 15 tonnes », décrit Yves-Marie Le Caër, gérant de l’ETA Raoul-Le Caër, à Mantallot (22). Pour ce chantier, il a déplacé son ensileuse équipée d’un bec 8 rangs. Il est facilement possible d’ensiler 20 ha par jour mis en boudins. Il fait remarquer que pour beaucoup d’éleveurs la qualité du tassage prime aujourd’hui sur la taille de la machine et le débit de chantier. « Cette année, nous avons changé une ensileuse en 12 rangs pour prendre une 10 rangs. Certains clients n’en voulaient plus et demandaient même la 8 rangs pour des chantiers de plus 25 ha. » Nicolas Goualan

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