Productions Agricoles

Des chariots pour réduire la pénibilité en porc

La Mutualité Sociale Agricole a réalisé une enquête dans des élevages afin de mettre au point un cahier des charges destiné à inventer un outil d’aide au travail en maternité. L’objectif : réduire la pénibilité du travail.

Dans une maternité porcine, les différents soins apportés aux porcelets nécessitent de nombreux gestes qui sollicitent l’opérateur. « Nous avons poursuivi notre réflexion démarrée en 2012 sur l’efficacité et le confort en élevage porcin, en associant des responsables de groupement de producteurs aux conseillers prévention de la MSA d’Armorique et de Porte de Bretagne », introduit Patrice Barbier, conseiller prévention de la MSA Porte de Bretagne lors de la présentation de deux nouveaux produits à la station expérimentale porcine de Saint-Goazec (29). Du concret, avec deux chariots aboutis fabriqués selon le cahier des charges de la MSA.

Mal de dos mal du siècle

Pour cibler les tâches pénibles et répondre aux besoins des éleveurs, une enquête terrain a été réalisée. « Sur 135 salariés ou gérants d’exploitation porcine, 93 avaient mal au dos, et 71 pensent que ces maux ont un lien avec leur travail. Au niveau de l’origine, les personnes interrogées ont répondu à un même niveau que les soins aux porcelets et le lavage des locaux occasionnaient ces douleurs. Enfin, le fait de se baisser et de se relever pour prendre les porcelets au sol sollicitait fortement la personne », explique Patrice Barbier.
Sandrine Chenille, conseillère en prévention à la MSA d’Armorique, ajoute que « dans une maternité, s’enchaînent des phases de travaux statiques avec un appui sur le genou et un dos courbé pour la castration des porcelets, et des phases de travaux dynamiques sans appui, avec alternance de dos courbé et droit, pour ramasser et reposer l’animal. Des solutions de chariots existaient déjà, mais sans résoudre la contrainte de ramassage », note-t-elle.

Lancement au Space

Les deux chariots seront visibles lors du prochain Space sur le stand de la MSA. « Les visiteurs pourront tester en réel les chariots, puisque des cloisons simuleront une maternité pour juger de leur maniabilité », note Patrice Barbier. Rendez-vous dans le hall 5, allée B, stand B53.

Le porcelet travaille pour vous

Pour faire monter le porcelet dans le chariot et éviter ainsi de se baisser, la caisse des chariots descend au sol. « Nous profitons de la mobilité des porcelets avant la castration pour les faire entrer dans la caisse. La montée à hauteur de travail se fait rapidement et manuellement à l’aide d’un treuil. Les chariots sont dotés de portes s’ouvrant dans les deux sens, avec 4 roues directrices pouvant rouler sur caillebotis. L’ensemble doit pouvoir passer dans des couloirs étroits. La caisse peut être cloisonnée pour par exemple trier mâles et femelles. Enfin, la descente des animaux se fait à l’aide d’un toboggan », décrit Marie Rannou, de la MSA d’Armorique. Les matériaux utilisés doivent répondre aux normes d’hygiène, de robustesse et de légèreté qui conviennent dans un élevage.

Le modèle de chez Odilus pivote sur un axe pour passer si besoin au-dessus des cloisons. Il dispose aussi d’un système pour travailler assis.
Le modèle de chez Odilus pivote sur un axe pour passer si besoin au-dessus des cloisons. Il dispose aussi d’un système pour travailler assis.

Prototypes testés et approuvés

Deux entreprises ont fait aboutir le projet. « La société Telip, basée à la Guerche-de-Bretagne (35) et déjà connue pour le plancher “Securiplac”, et Odilus, entreprise basée à Lannion (22) et rencontrée au salon du dos ont brillamment répondu à notre demande. Nous les avons fait tester directement dans 25 élevages différents, en taille et en système de production, avec une réelle satisfaction des conditions de travail de l’utilisateur. Les produits sont simples, et disposent de porte-outils pour limiter, là encore, les mouvements pour les soins. Les caisses sont ajustables en hauteur, et coulissent sur le côté », selon Patrice Barbier. Moins d’efforts dans les tâches, c’est diminuer les risques coûteux d’arrêt de travail, tout en rendant attractif le métier. Fanch Paranthoën

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