Politique et Syndicalisme

Le métier d’éleveur de porc a un avenir

Les dirigeants de la Cooperl croient en la possibilité de compenser les distorsions de concurrence par l’amélioration du coût de production. 

À la veille de l’assemblée générale de la Cooperl qui se tient ce vendredi 19 juin, les responsables de la coopérative sont revenus plus en détail sur le bilan de l’année 2014. Une campagne très difficile qui s’est poursuivie jusqu’à la crise actuelle. « De mémoire d’agriculteur, je n’avais jamais vu de trésoreries fondre aussi rapidement… Sur les premiers mois de l’année, un atelier moyen de 200 truies a perdu   22 000 € de trésorerie », note le président, Patrice Drillet.

Face aux voisins européens, comme « l’Allemagne ou l’Espagne où le coût du travail est deux fois moindre », les problèmes de compétitivité ne sont pas réglés. Un « contexte distorsif » connu et sans cesse rappelé « qui se chiffre à 10-15 € par porc depuis 10 ans ». Malheureusement, « les réformes ne sont pas pour demain en France… », ironise Emmanuel Commault, directeur. Mais Patrice Drillet ne baisse pas les bras. « La profession de producteur de porcs n’est pas foutue. Elle a et aura un avenir si on parvient à abaisser fortement et durablement les coûts de production dans les élevages. Nous investissons d’ailleurs 70 % de notre enveloppe R&D pour développer des solutions techniques sur le terrain. » Emmanuel Commault résume : « Nous sommes condamnés à être surcompétitifs… »

chiffres clés 2014 (2013)

  • Adhérents : 2710 (2710)
  • Salariés : 5 000 (5 000)
  • Porcs produits : 5 540 000 (5 670 000)
  • Porcs abattus : 4 800 000 (4 470 000)
  • CA : 2 milliards €  (2,1 milliards)
  • Résultat : 15 millions € (13 millions)
  • Investissement : 44 millions € (49 millions)
  • 36 % de l’activité à l’export

Le Porc bien-être comme étendard

Le mâle entier est l’exemple brandi par les responsables : « Les producteurs ont fait un bond en un an et demi qu’ils auraient mis 15 à 20 ans à faire avec les progrès de l’alimentation, de la génétique, des bâtiments… Aujour-d’hui, 83 % de nos coopérateurs adhérent au Porc bien-être. À la clé, une amélioration du coût alimentaire qui représente 70 % du coût de production. » La Cooperl a également initié une collaboration avec le Centre d’énergie atomique (CEA) qui travaille au transfert de technologies vers les entreprises : « L’idée est de rendre plus compétitive l’ensemble de la filière. En intégrant par exemple des notions de cobotique pour les ouvriers et les éleveurs réalisant des tâches difficiles… »

D’autres initiatives techniques, comme le PSA ou Porc sans antibiotique après sevrage, offrent davantage de segmentation de l’offre pour attirer de nouveaux clients, en France comme à l’export. Autant d’efforts « pour aller plus loin dans la montée en gamme, la différenciation et l’élaboration de nos produits », poursuit le président Drillet. « On consomme d’ailleurs deux fois moins de viande de porc en France qu’au Danemark. À nous d’aller chercher ceux qui s’en sont désintéressés… » Toma Dagorn

 

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