Découvertes

Le musée aux milliers de chevaux

Un fan d’automobile a réalisé un pari un peu fou, créer un musée à l’image de sa passion. À ce jour, le manoir de Lohéac (35) regroupe plus de 400 véhicules, c’est un véritable voyage à travers les marques qui ont écrit l’histoire.

Le manoir de l’automobile, situé à Lohéac (35), héberge plus de 400 véhicules de collection sur une surface d’exposition de 15 000 m2. « Ce lieu privé a ouvert ses portes en 1991 sous la pression du public, c’est aujourd’hui le deuxième plus important musée de l’automobile en France », raconte Loïc Monnier, le responsable et gardien de ces milliers de chevaux. L’aventure a démarré avant 1991, Loïc Monnier retapait alors des voitures dans un bâtiment du bourg de Lohéac pour le compte de Michel Hommel, le propriétaire du musée. « À la base, M. Hommell, passionné d’automobile souhaitait simplement retaper et collectionner quelques modèles ayant marqué l’histoire de l’automobile. » Suite à l’acquisition d’une ancienne ferme, rénovée pour exposer ses acquisitions, tout s’est accéléré. « Le public venait souvent le week-end pour observer les voitures derrière les fenêtres, il était alors grand temps d’ouvrir officiellement les portes. » L’ancienne porcherie est donc devenue un bar à cidre, la grange à foin une salle de séminaire et le musée s’est développé au fur et à mesure des achats du propriétaire…

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Loïc Monnier, reponsable du musée, à côté de la Peugeot 205 turbo 16 de 480 ch, qui fut championne du monde des rallyes en 1985 et 1986.

Une passion pour les voitures de rallye

La première partie du musée est une cour qui a été couverte, c’est un peu la salle des ancêtres comme s’amuse à l’appeler Loïc Monnier. « Ici, on trouve les tacots datant des années 1800 jusqu’à 1900. Il y a par exemple un taxi de la Marne de la marque Renault ou une 5 chevaux trèfle de chez Citroën. Cette voiture est une trois places, deux à l’avant et une à l’arrière dite la place de la belle-mère. C’était une voiture très présente dans les campagnes à l’époque, car elle ne se vendait pas très cher. » La visite se poursuit par une belle collection d’Alpines, elles sont presque toutes présentes, de la 106 à la 210, qui a couru aux 24 heures du Mans. « Les Alpines étaient les premières voitures construites avec une carrosserie en polyester pour gagner en légèreté. » Les visiteurs observent dans ce même hall des voitures de rallye dont certaines ont une puissance de plus de 500 chevaux et qui sont devenues des légendes. Loïc Monnier présente cette 205 turbo 16 propulsée par 4 roues motrices et un moteur de 480 chevaux qui fut Championne du monde des rallyes en 1985 et 1986. Même si le responsable du musée dit aimer toutes les voitures exposées puisqu’il les a toutes vu arriver et presque toutes essayées, il avoue avoir une préférence pour les voitures de rallye. « J’aime particulièrement cette Audi Quattro S1 de 4 roues motrices datant de 1986 et développant 550 chevaux. Elle a été conçue pour contrer la Peugeot 205 T au championnat du monde. »

Des autos et beaucoup de surprises…

Le musée de l’automobile réserve son lot de surprises aux visiteurs. Les vedettes sont bien sûr à quatre roues, mais au fil de la visite on découvre le célèbre bateau Offshore avec lequel le pilote de Formule 1 français Didier Peroni s’est tué. On peut apercevoir quelques tracteurs anciens. À l’étage, les vieux métiers sont reconstitués et mis en scène. Les enfants s’émerveillent devant plus de 3 000 modèles réduits de voitures. Les visiteurs restent sans voix devant cet avion Fouga Magister de fabrication française et accroché à un plafond. « Beaucoup de gens se demandent comment il est rentré. On leur répond que les baies vitrées de l’étage ont été posées après l’installation de l’avion », indique Loïc Monnier.

Des F1 en grille de départ

Les fans de sportives de prestige vont ensuite en avoir plein les yeux, ils y découvrent une série de Lamborghini dont la célèbre Mura S, première génération à opter pour un moteur en position centrale pour un meilleur équilibre. Loïc Monnier fait un rapide historique de la marque et rappelle : « À la base, Lamborghini est une marque italienne de tracteurs. La légende dit qu’après avoir fait fortune, Ferruccio Lamborghini a commandé une Ferrari. Lassé d’attendre sa voiture, il a décidé en 1963 de lancer la production d’automobiles à son nom plus performantes et plus sophistiquées que les Ferrari et Maserati. » Les Ferrari si prisées et aimées des visiteurs sont exposées un peu plus loin dans une autre salle. En progressant dans la visite, nous découvrons une pièce remplie de véhicules prestigieux regroupant des marques américaines telles que Cadillac, Desoto, Packard…Elles y côtoient de belles anglaises qui se nomment Rolls, Bentley ou encore Jaguar. Les visiteurs apprécient aussi l’espace populaire et y retrouvent des voitures ayant marqué les années 60 et 70 avec des Renault 4, Citroën 2 chevaux et autres Peugeot 203, 403, 404, 505…
La Formule 1 n’est pas en reste puisque 18 de ces voitures de course sont disposées en grille de départ. « Elles ont toutes couru en compétition. Nous avons les coques des voiture et dans les vitrines leurs moteurs. » L’étage du musée regorge d’autres marques de voitures comme Porsche, Audi, Mercedes, Maserati, Alfa Roméo… Lorsque l’on demande au responsable du lieu si cela va s’arrêter là, il confie : « La dernière extension date de 2000 et de l’espace créé pour les F1. L’idée serait peut-être de poursuivre la collection en créant un espace pour des véhicules des années 1940  du type : Delage, Voisin, Delahaye… », mais le feu vert n’est pas encore donné. Nicolas Goualan

Des moteurs dans la chapelle

Le musée dispose d’une chapelle venant d’un village voisin. Cette chapelle faisait partie d’un château qui a été démonté pour être reconstruit aux États-Unis. La chapelle laissée alors à l’abandon a été remontée sur le site du musée. Elle reçoit aujourd’hui plusieurs moteurs mythiques de l’histoire de l’automobile.

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Pratique :

Manoir de l’automobile 4, rue de la Cour Neuve 35550 Lohéac 02 99 34 02 32

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