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Le Foll défend la méthanisation

Reconnaissant que l’objectif de 1 500 unités en 2020/25 ne sera pas atteint, le ministre rappelle toutefois la cohérence de la méthanisation et s’attaque aux freins de son développement.

« Des déchets organiques qui permettent de produire de l’énergie, c’est un bon principe », a souligné Stéphane Le Foll, en visite sur le Gaec du Champ-Fleury, le 18 mai, à Liffré (35). Les 5 associés de l’élevage laitier (1,6 million de L de lait, 180 VL, 260 ha) ont investi 2,5 millions d’€ dans une unité de méthanisation, dont 500 000 € de subventions (Ademe et Région). « Nous avons monté ce projet dans l’objectif premier de diversifier nos revenus. Avec la fin des quotas, le prix du lait va être plus fluctuant. Actuellement, par exemple, il est très bas, à 270 €/1 000 L », expliquent les éleveurs qui devraient embaucher un salarié suite à la mise en place du méthaniseur.

Tarifs de rachat incertains

Le nombre d’unités est aujourd’hui de 200 en France, bien loin de l’objectif fixé par le gouvernement. La lourdeur administrative est en cause : 4 ans pour le Gaec du Champ-Fleury. Mais le plus grand frein reste l’incertitude des tarifs de rachat de l’énergie produite par les méthaniseurs. « C’est un vrai sujet. » Selon Stéphane Le Foll, la loi de finances devrait en partie répondre à cette question, en septembre. Autre contrainte, l’homologation des digestats va être simplifiée via un texte qui devrait sortir en juillet. « Ces matières doivent pouvoir être utilisées pour la fertilisation de l’exploitation ou vendues… »
Le Gaec du Champ-Fleury sera autonome à 70 % pour l’apport de matières organiques dans le méthaniseur (fumier, lisier, cultures à vocation énergétique). « Nous allons aussi recevoir sur le site des tontes de pelouses, le marc de pommes d’une entreprise locale… », précisent les éleveurs. Le biogaz sera épuré sur place, et injecté dans le réseau pour approvisionner les maisons d’habitations, les entreprises locales… Une première en Bretagne. La production du site va représenter 30 % de la consommation de gaz de Liffré, ville de 7 000 habitants. De « l’économie circulaire » prônée par le gouvernement.

Encadrer les prix des promotions en porc

En fin de journée, le ministre de l’Agriculture a rencontré les représentants agricoles régionaux à Pontivy (56). La crise du porc a été évoquée. Selon Stéphane Le Foll, il faut « encadrer les prix des promotions. » « Les GMS font continuellement des promotions sur la viande de porc. Limiter le nombre de semaines où il serait possible d’en faire ne suffirait pas. Il faut absolument qu’il y ait une notion de prix », réagit François Valy, président de la section porc de la FRSEA. L’écart entre le prix de 2 €/kg pratiqué par les grandes enseignes lors des promotions et celui dit « de fond de rayon », de 8 €/kg, est trop important. Il poursuit : « Les GMS habituent les clients à des prix trop bas. Quand nous nous en plaignons, elles nous disent qu’il est impossible de vendre sans ces promotions…. Le ministre doit absolument faire passer un décret pour encadrer ces rabais, et éviter que l’on vende le porc à 2 €/kg alors que le coût de revient, chez l’éleveur, est à 1,65 €/kg. » BL

Avantage fiscal, aussi pour les agriculteurs

« Cet élevage en Gaec correspond au projet agricole que nous portons. Nous souhaitons garder les agriculteurs à la tête des exploitations. L’installation collective permet de répondre aux enjeux de capitaux à investir », déclare le ministre. Il souligne que la déduction de 140 % des amortissements s’appliquera aussi aux investissements agricoles réalisés entre le 15 avril 2015 et le 15 avril 2016. Il s’agit d’une baisse de l’impôt sur les sociétés. Elles augmentent de 40 % les sommes déduites de leurs résultats. Agnès Cussonneau

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