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Désherbage des oignons et échalotes : de la surveillance

Si le désherbage est globalement simple et maîtrisé sur échalote et oignon planté en motte, il implique de nombreuses interventions sur oignons de semis, ce qui nécessite une surveillance des cultures pour une bonne efficacité.

Les plantations de bulbes d’échalotes touchent à leur fin. Pour limiter la concurrence des adventices, le désherbage s’impose. La stratégie post-plantation apporte des résultats satisfaisants, à condition que les sols soient humides. « Le programme de désherbage utilisant un mélange de Prowl 400 à raison de 1,6 L/ha et de Challenge 600 à 2,2 L/ha offre un spectre d’efficacité très acceptable. Le double mode d’action des matières actives, racinaires et foliaires, empêche la germination des mauvaises herbes ou les détruit à un stade très jeune », explique Claire Gouez, conseillère en cultures légumières à la Chambre d’agriculture de Saint-Pol-de-Léon (29). Compte tenu des précipitations de ces derniers jours, les conditions sont réunies, en veillant toutefois à ne pas désherber en cas de gelées matinales.

Dernière année pour le Totril

Retiré du marché depuis le 18 février dernier, le Totril reste utilisable sur oignon jusqu’à la fin de l’année. « Totril était, jusqu’à présent, un produit stratégique pour le désherbage de rattrapage des oignons de semis. Les habitudes de désherbage vont devoir changer, car il faudra désormais travailler avec Lentagran en veillant à ne pas surdoser pour limiter les risques de phytotoxicité.
Avec un spectre un peu moins large, notamment une efficacité moindre sur renouées et sur véroniques, il faudra l’associer au Starane 200 et au Challenge 600 à partir du stade une feuille vraie de l’oignon, pour couvrir la majorité des adventices de la culture », décrit la conseillère.

Parcelles en bordure de cours d’eau

La ZNT (Zone de Non Traitement) des spécialités commerciales à base de Pendimethaline, comme le Prowl 400, est de 20 mètres par rapport au cours d’eau. Pour la ramener à 5 mètres, il convient de respecter les conditions suivantes : Être équipé de buses à injection d’air agréées pour la réduction de ZNT ; Avoir mis en place une bande enherbée d’au moins 5 mètres dans la parcelle concernée ; Enregistrer toutes les applications de produit qui ont été effectués sur la parcelle.

En amont de ces interventions de rattrapage, les producteurs appliquent habituellement un Totril à 0,2 L/ha au stade crochet. Lentagran peut être utilisé à ce stade à même dose. Une autre possibilité est de positionner le traitement juste avant levée de l’oignon (14 à 20 jours après semis) : dans ce cas, la dose peut être un peu plus forte (0,3 à 0,5 L/ha), puisque l’oignon n’est pas encore sorti de terre, et cette application en post-semis décalé permettra d’attendre le stade une feuille vraie pour poursuivre le désherbage de rattrapage sans intervention au stade crochet.

Pour ne pas se laisser dépasser, il convient donc de suivre régulièrement ses cultures, plusieurs fois par semaine. Dernier rappel de Claire Gouez : « Ne jamais intervenir au stade fouet des oignons de semis, stade le plus sensible pour l’oignon, qui reste une culture fragile aux jeunes stades : la végétation est  très lente à se mettre en place », conclut-elle. Espérons une remontée des températures dans les prochains jours qui favorisera une levée rapide et homogène : la gestion du désherbage en sera facilitée. Fanch Paranthoën

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