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Réussir le désherbage de la betterave

Les betteraves n’aiment pas la concurrence des adventices. Les moyens de luttes, qu’ils soient chimiques ou mécanique, demandent de la précision.

En souscrivant une mesure agroenvironnementale (MAE), Daniel Boulbin, producteur de lait sur Pommerit-le-Vicomte (22), a pour contrainte une baisse progressive de l’emploi de solutions chimiques. Le désherbage de la betterave n’échappe pas à la règle. L’itinéraire technique de la culture a dû être repensé. « L’utilisation d’herbicide est délicate. Il n’est pas rare de brûler les feuilles de la culture, il faut être vigilant lors de l’épandage du pulvérisateur à ne pas doubler la dose. L’application du rinçage de la cuve peut également être source d’agression des feuilles », témoigne-t-il.

Pour y remédier, l’éleveur a fait le choix d’une mixité chimie et mécanique dans son programme de lutte contre les adventices. Mardi dernier, la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor a présenté différents outils pour venir à bout des mauvaises herbes dans l’inter rang.

Une méthode de lutte précise

La parcelle a été semée le 9 mai, à une densité de 97 000 graines/ha, pour un interrang de 75 cm, avec une orge en précédent. « Je sème toujours assez dense pour assurer un objectif de 90 000 plants/ha ». Une préparation de la terre fine a permis une bonne levée. Pour la fertilisation, 40 t de fumier de bovin ont été apportées. « Au niveau nutrition azotée, la betterave a des besoins supérieurs au maïs, à savoir 15 unités d’azote/t de MS », rappelle Sylvain Le Floch, conseiller à la Chambre d’agriculture.

Le programme de désherbage, composé de deux applications herbicide, a été réalisé les 20 et 28 mai, en employant un mélange de Goltix et de Betanal Booster, complémenté au deuxième passage par du Safari, pour un coût estimé par l’éleveur autour de 160 €/ha. Le binage du 18 juin a évité un troisième désherbage chimique. « Le binage doit être positionné entre 4 et 8 feuilles de la culture, sous peine de perte de pieds ou de coupe de feuilles si elles sont étalées. Le port du feuillage n’est pas le même suivant la variété », explique le conseiller.

Frontale, classique ou à étoile

Pour une démonstration au champ, les organisateurs de cette journée technique ont présenté 3 bineuses. La première, équipée de 2 socs avant, précède 2 rangées de 4 étoiles qui « écroûtent, lèvent la mauvaise herbe et la reposent sur le dessus de la terre. Une étoile a été retirée pour ne pas couper les feuilles de la betterave », explique Sylvain Le Floch. Le second modèle en démonstration est une bineuse de chez Carré, composée de « grands disques sur les côtés pour maintenir l’outil au sol et de dents pour écroûter. Quand on utilise une bineuse arrière, il ne faut jamais se retourner pour vérifier le travail de l’outil, car c’est à ce moment-là que l’on peut faire des dégâts sur la culture… ».

Une des raisons pour laquelle Daniel Boulbin a préféré investir dans un outil avant, « pour le confort de travail. Il faut toutefois être concentré sur son travail. Si besoin, la bineuse peut être attelée à l’arrière ». Même si sa conduite est délicate, la betterave a apporté un plus dans la production laitière de l’élevage, avec « 1 point de matière grasse gagné et ½ à 1 point de taux protéique supplémentaire. C’est aussi un aliment intéressant d’un point de vue digestif, les animaux sont en forme », conclut le producteur.

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