Productions Agricoles

Des compétences extérieures au secours de l’installation en porc

Transmettre, s’installer… Le secteur porcin est à la recherche d’idées. Le groupement Aveltis a décidé de faire appel à des compétences extérieures au monde agricole pour accompagner les repreneurs.

Ils accompagnent les entreprises en phase de création, de développement ou en difficulté dans les domaines de la finance, de la gestion, du commerce et de la production. Ils, ce sont des seniors bénévoles, anciens cadres et dirigeants, ingénieurs, professeurs, qui font partie de l’association Egée (Entente des générations pour l’emploi et l’entreprise). Aveltis vient de signer une convention avec cette association pour conseiller les porteurs de projet, candidats à la reprise d’élevages. « Nous savons ce qu’il faut faire pour suivre un jeune au niveau technique. Nous ne sommes pas forcément les plus compétents pour leur apprendre à gérer leurs entreprises », justifie Philippe Bizien, président du groupement. La convention prévoit quatre rendez-vous de deux heures la première année d’installation, puis deux entretiens les deuxième et troisième années. Avant l’installation, le jeune qui le souhaite aura bénéficié des conseils d’un cabinet de recrutement. L’objectif ? « Déterminer sa capacité à être chef d’entreprise, avant de se lancer dans un projet qui demande de nombreuses compétences. Compte tenu des montants d’investissement et de l’exigence du métier, un jeune n’a pas le droit de se tromper ».
L’enjeu de la transmission est important. 40 % des adhérents du groupement Aveltis transmettront leur élevage dans les dix prochaines années. Dans les cinq ans à venir, 65 exploitations naisseur engraisseur (200 truies en moyenne) et 15 élevages engraisseurs changeront de propriétaire ou cesseront l’activité porcine. En face, une dizaine d’installations sont enregistrées chaque année. Ces chiffres du groupement sont représentatifs de la situation en Bretagne. Bernard Laurent

L’avis de…

David Jestin, Bourg-Blanc (29)

Je me suis installé à 37 ans, après avoir été conseiller de gestion, pour le goût d’entreprendre et la volonté d’être mon propre patron, sur un élevage de 330 truies. Il faut se faire accompagner dans l’évaluation de l’élevage à reprendre pour éviter les mauvaises surprises dans les premières années (reprise et investissements à prévoir). Il faut maîtriser le projet et son chiffrage pour donner confiance aux financeurs et notamment aux banques. J’ai obtenu un crédit vendeur de la part du cédant. Il partage un peu le risque ce qui montre qu’il a confiance dans mes compétences professionnelles et dans la pérennité de l’entreprise. En apport personnel, j’avais un apport privé et les aides du groupement.

Maxime Talarmain, Milizac (29)

J’ai fait appel aux services du groupement pour estimer la reprise, mais aussi pour réorganiser l’élevage de 160 truies naisseur engraisseur. L’objectif était d’optimiser l’existant, car les bâtiments sont vieillissants. À terme, je reprendrai l’élevage de mes parents pour y installer le naissage. Mes priorités sont de valoriser les céréales produites sur place (stockage), de faire une quarantaine, un quai de départ, en privilégiant l’autoconstruction. Dans l’estimation, le lien au sol est difficile à appréhender. Le nombre d’hectares de SAU change beaucoup de choses au niveau de la conduite de l’élevage en lui-même. Il faut se faire accompagner.

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