DossiersÉlevage

Techniques d’insémination porcine

L’intra-utérine fait place à l’auto-insémination

Un gain de temps… Sylvain Sérandour plébiscite l’auto-insémination. Il a adopté, en début 2013, le « Neosem » sur son élevage de 550 truies.

Les 550 truies Naïma de LA SARL de la Ville Quinio, à Tréveneuc (22), conduites en 10 bandes avec un sevrage à 21 jours, n’ont pas levé le pied au changement de technique d’insémination. Elles ont sevré, sur la dernière année, 12,86 porcelets par portée ou 32,38 par truie productive, avec une belle régularité au niveau du rang de portée (pas de baisse de prolificité en deuxième portée).

Sylvain Sérandour, (à droite), avec Jean-Luc Farard, responsable équipe commerciale et Romain Brard, responsable commercial Cobiporc
Sylvain Sérandour,
(à droite), avec Jean-Luc Farard, responsable équipe commerciale et Romain Brard, responsable commercial Cobiporc.

Le nombre de nés totaux a légèrement baissé, suite à un passage de leptospirose. « La technique d’insémination n’y est pour rien », assure l’éleveur. Pas question de remettre en cause le Neosem, un procédé d’auto-insémination, qui, selon lui, permet d’inséminer en deux fois moins de temps.

Sucre et huile de foie de morue pendant le flushing

Des mesures d’épaisseur de lard (ELD) sont effectuées à trois reprises dans le cycle de la truie au sevrage, en sortie de verraterie et à l’entrée en maternité. Quatre programmes alimentaires sont définis. Chaque animal est alimenté en fonction de l’un ou l’autre de ces programmes, selon son ELD. (allotement en verraterie par vanne, puis système Selfifeeder à sec, en gestante). Après le sevrage, un flushing est réalisé. En moyenne, les truies reçoivent 3 kg d’aliment gestante le jeudi, 4,5 kg le vendredi, 3,5 kg le samedi puis 2,5 kg jusqu’au jeudi. Une courbe classique en « U » s’ensuit, avec une remontée dans les dernières semaines avant la mise bas. Pendant le flushing, elles consomment de l’huile de foie de morue pendant 5 jours et deux fois 200 grammes de sucre les vendredi et samedi avant les inséminations.

2,5 IA par truie

Les 50 truies de la bande, qui ne reçoivent aucune injection systématique d’hormones après la mise bas, sont sevrées le mercredi matin. Le verrat (deux mâles souffleurs présents sur l’élevage) est présenté aux truies dans la foulée, puis une fois par jour jusqu’au jeudi suivant. Les doses de semence sont livrées les vendredi soir, les lundi et mardi matin. « Les 7 à 8 truies qui sont en chaleur le samedi sont inséminées le dimanche matin. Il n’y a pas de passage dans l’élevage le dimanche soir.

Rafal Szarek, salarié de la SARL de la Ville Quinio
Rafal Szarek, salarié de la SARL de la Ville Quinio.

Ces truies ont une 2e IA le lundi matin puis une 3e le mardi matin. Celles qui sont détectées le dimanche sont inséminées le lundi matin puis le mardi matin. Enfin, celles qui viennent en chaleur le lundi matin sont inséminées dès le soir puis le mardi matin. Ensuite, des IA sont réalisées sur les truies toujours en œstrus le mercredi matin ». En semaine, les inséminations sont réalisées à deux personnes. Le verrat est bloqué devant 6 à 7 truies. En moyenne, 2,5 IA sont réalisées par animal.

10 % des doses de Cobiporc

Le Neosem représente 10 % des doses de semences livrées par Cobiporc, l’intra-utérine 70 % et les sondes classiques 20 %. Sa vidange se fait automatiquement en respectant le rythme d’absorption de la semence par la truie. L’éleveur gagne donc en rapidité et en qualité de travail. La réserve de semence est située à l’extérieur de la truie, ce qui permet un contrôle permanent du niveau de la vidange. Il n’y a donc pas de risque de retirer la sonde trop tôt. Des parties sécables sur la sonde permettent d’ajuster le Neosem aux différentes morphologies des truies. La largeur des collerettes (accroche dans la truie) et la mise en place d’un réducteur dans la sonde ont permis d’abaisser la vitesse de vidange. En conséquence, bien que l’IA soit en légère pression (du fait du ballonnet), il n’y a pas de refoulement.

Observation des chaleurs en quarantaine

L’arrêt du « Régumate » pour les cochettes a lieu le mercredi. « Les premières IA ont lieu le lundi, matin ou soir. Ensuite, j’applique la règle des 12-24-36 heures pour les IA suivantes ». Les cochettes, de deux âges différents, arrivent sur l’élevage par lots équivalents à trois bandes. « Les chaleurs sont repérées en quarantaine. Les premières à être inséminées sont les plus lourdes de celles qui sont déjà venues en chaleur. » Les mises bas ont lieu à 360 jours d’âge, de moyenne. Les cochettes affichent une meilleure fertilité que les  truies : 96 % contre 90 %. Bernard Laurent

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer