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Désherbage des céréales

Un désherbage précoce, la clé du succès

Le désherbage précoce présente un réel intérêt dans un contexte où les difficultés de maîtrise de Coup d’oeil sur les avantages du désherbage précoce.

Depuis plus de 10 ans, le désherbage des céréales est le plus souvent réalisé en sortie d’hiver, voire au début du printemps. Si cette stratégie peut paraître pertinente en cas de faibles salissements, elle comporte de nombreux inconvénients. À l’inverse, le désherbage précoce présente un réel intérêt dans un contexte où les difficultés de maîtrise de certaines adventices augmentent.

Dès le début tallage, les adventices peuvent être développées et concurrencer ainsi la culture.
Dès le début tallage, les adventices peuvent être
développées et concurrencer ainsi la culture.

1. Éliminer la concurrence des adventices

Une synthèse de nombreux essais a permis de mettre en évidence l’intérêt du désherbage précoce (voir graphique). Le meilleur potentiel de rendement est obtenu pour des désherbages réalisés du stade 3 feuilles à tallage de la céréale. La chute de rendement, consécutive à un désherbage trop tardif, est d’autant plus importante que le potentiel du blé est faible.

Le désherbage précoce limite la concurrence
Le désherbage précoce limite la concurrence.

Cela s’explique par la concurrence à l’égard des mauvaises herbes que peut entretenir une culture de blé très vigoureuse. À partir de mars, la plupart des adventices sont déjà développées, ont exercé de la concurrence et seront difficiles à détruire. Les pertes de rendement consécutives à ces pratiques ne sont pas visuelles, mais ce sont plusieurs quintaux qui se sont souvent envolés.

2. Améliorer l’efficacité des herbicides

Il est bon de rappeler qu’un herbicide est plus efficace lorsqu’il est appliqué sur une adventice au stade jeune. Bon nombre d’échecs de désherbage sont constatés lorsque les traitements sont réalisés tardivement sur des adventices trop développées. C’est particulièrement le cas sur les adventices difficiles à maîtriser : véroniques, jonc des crapauds, lychnis, séneçon. Il est plus facile de moduler les doses lorsqu’on intervient sur des stades jeunes des adventices (graminées de 1 à 3 feuilles, dicotylédones de cotylédons à 2 feuilles – voir tableau)

Quelques exemples d'efficacité sur des adventices peu développées
Quelques exemples d’efficacité sur des adventices peu développées (graminées adventices au stade 1 à 3 feuilles – dicotylédones de cotylédons à 1 feuille) à titre d’exemple.

3. Profiter des conditions climatiques favorables

À l’image des conditions de semis, il faut profiter des bonnes conditions pour désherber. On ne sait pas de quoi demain sera fait… La précédente campagne a sans doute marqué les esprits : une large période favorable s’est présentée dernière décade de novembre et début décembre. Il n’a été possible de revenir sur les parcelles qu’à partir du 7 mars. Même constat en 2013, campagne qui n’a présenté que quelques fenêtres étroites pour désherber dans de bonnes conditions.

Quand intervenir ?

Globalement, du stade 3 feuilles à début tallage, la majorité des adventices sont levées. Dans les parcelles très sales en graminées, la nuisibilité des adventices peut s’exercer dès le tallage et la perte en rendement peut rapidement être conséquente. Ainsi, il est préférable d’intervenir dès la fin novembre – début décembre pour les semis du mois d’octobre. Si la parcelle est propre, il est possible d’attendre la sortie hiver. Pour les semis plus tardifs (mi à fin novembre), la levée des adventices est retardée et l’intervention peut être décalée  sur janvier ou février en fonction de l’observation des adventices.

À partir du stade épi 1 cm, la nuisibilité des adventices s’exprime fortement en particulier en cas de présence de folles avoines ou ray grass, mais aussi de matricaires, gaillet… Les possibilités d’intervention sont nombreuses, consulter le dépliant Arvalis et votre technicien. Tenir compte de la réglementation : pas d’isoproturon solo en parcelle drainée pendant la période d’écoulement des drains. Attention également aux éventuelles restrictions spécifiques à chaque produit : bien lire les étiquettes.

4. Désherber avant de fertiliser

Fertiliser les cultures, c’est aussi assurer le développement des adventices. Afin de préserver le rendement de la culture et optimiser l’efficacité des herbicides, il est essentiel de désherber avant, ou au moment du 1er apport d’azote, mais en aucun cas après. Des expérimentations récentes ont montré que les désherbages réalisés après le 1er apport sont les plus pénalisés. Ainsi, les pratiques actuelles en matière de désherbage et de fertilisation (à savoir fertilisation puis désherbage), pénalisent souvent le rendement, par rapport à une situation de désherbage avant ou au moment du 1er apport. Eric Masson – Michel Moquet Arvalis-Institut du végétal

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