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Champ libre aux légumes

Du chou Kale pour se diversifier

Eric Olier, producteur sur Trézilidé (29) a choisi d’inclure le chou Kale dans sa rotation.

Prince de Bretagne présente un nouveau chou sur le marché : le chou kale. Également appelé chou frisé. Après deux années d’essais en plein champ, les volumes de cette nouvelle crucifère seront plus importants sur cette campagne 2014/2015. Avec 8 producteurs sur le secteur de la Sica et 5 sur celui de l’UCPT, ce sont 5 ha qui lui sont consacrés soit 80 000 pieds. Une surface qui a quadruplé par rapport à l’année dernière.

Un itinéraire technique connu

Deux conditionnements sont proposés au consommateur : du vrac en 3 kg ou de la botte en 250 grammes. Très prisé par les consommateurs américains et connus dans les pays de l’Europe de l’Est et de l’Allemagne, le kale débarque en France et a de sérieux atouts organoleptiques. « C’est une culture gourmande en main-d’œuvre, qui demande 1 h de travail pour 5 cueilleurs pour réaliser 60 colis de 3 kg. Pour le conditionnement en botte, il faut compter le double », indique Eric Olier, producteur de légumes sur Trézilidé.

Eric Olier se diversifie avec la production de chou kale
Eric Olier se diversifie avec la production de chou kale.

Les plantations de cette parcelle ont eu lieu les semaines 24 et 25, soit après le 15 juin. « Le rendement, cette année, se situera sans doute autour de 12 tonnes par hectares. C’est une culture où il faut savoir se rendre disponible, et c’est d’ailleurs ce qui m’a conduit à le produire. Les commandes tombent la veille, et il faut donc savoir laisser les autres chantiers de récolte pour se consacrer au ramassage du kale ». Le ramassage va se poursuivre jusqu’en décembre, suivant la demande des clients. En 2013, les demandes se sont envolées après les fêtes.

« Cette année, je démarre ma récolte uniquement avec du vrac pour ne pas abîmer la plante, afin de favoriser le conditionnement botte de 250 grammes. Il faut compter 10 à 11 feuilles pour constituer un bouquet d’un peu plus de 300 grammes de feuilles, car le kale perd rapidement du poids et doit toujours rester au-dessus des 250 grammes étiquetés. Il se conserve très bien en froid humide. Je compte tester la récolte au tapis en botte cette année, récolte qui n’est pas adaptée au vrac. C’est un légume qui résiste bien aux gelées, je trouve même que plus il fait froid, plus il est tendre. L’itinéraire technique est identique au chou : il faut être vigilant par rapport aux attaques de pucerons, et son système racinaire est semblable. Il faut toutefois prêter attention à la fumure de la culture suivante : le kale est une plante qui pompe beaucoup d’azote ».

Des tests sont en cours pour favoriser le conditionnement en botte, en jouant par exemple sur les densités plantées. La récolte de chou kale a démarré 15 jours plus tôt par apport à l’année dernière, soit aux environs de ce début septembre. « C’est la deuxième année que je produis du kale. La cagette de 3 kg est valorisée autour de 1,80 € contre 1,10 € pour la botte de 250 grammes. »

Histoire de chou

Le chou frisé ne pousse pas en pomme, il appartient au groupe Acephala (signifiant « sans tête »). Il pousse sur des tiges blanchâtres fibreuses (jusqu’à 30 à 40 cm), et présente des feuilles, également fibreuses, très frisées d’un vert pâle au vert foncé. Il résiste à des températures de −15 °C et n’apprécie pas les fortes chaleurs. Connu aujourd’hui de par le monde, il était auparavant considéré comme un légume d’hiver, et était surtout consommé en Allemagne, Écosse, Pays-Bas et Scandinavie. Le chou frisé est le premier à avoir été cultivé, bien avant le chou pommé. Légume bien connu des tables romaines, c’était un aliment de base au Moyen-Âge. Les Anglais l’ont importé en Amérique au XVIIe siècle.

Appréciable dans la rotation

Ce chou, que certains anciens appelaient « chou à lapin », entretient les espoirs de développement de marché : « Vu comment le produit est attendu cette année sur les étals de supermarché, je suis confiant pour cette campagne. J’apprécie aussi le kale pour la simplicité de ramassage et pour sa récolte physiquement moins éprouvante que le chou », conclut le légumier. Fanch Paranthoën

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